Archives de Catégorie: Indignés

Ai-je du sang de dictateur ?

Résultat d’une recherche identitaire personnelle, Didier Lucien présente ici le despotisme à travers un spectacle historico-burlesque mettant sous des projecteurs multimédias l’histoire d’Haïti.

aijedusangdedictateur-soi-memeDu dictateur aux hommes en robe ou en costume militaire qui imposent leurs diktats aux autres en passant par l’homme blanc qui en impose à l’homme noir ou par l’homme tout court sur la femme ou l’homme orchestre sur les enfants, toutes les raisons sont bonnes pour exploiter les noirs comme biens meubles (ou les femmes, au même titre, sauf qu’il n’y a pas de mois de l’histoire des femmes – il y a bien eu un frêle essai une année mais il fut avorté à mi-chemin et ne revint jamais – il a dû se perdre dans les méandres des petits bouts précaires et cassés de la rue Jeanne-Mance alors que le Sieur de Maisonneuve a, lui, un long boulevard avec ligne de bus, ligne de métro, piste cyclable, etc.

Mais revenons à notre sujet des dictateurs et despotes. (L’avions-nous quitté ?)

Dans ce spectacle, il y a en plus du burlesque, plusieurs ressentis qui assaillent la spectatrice : la perplexité et même l’effroi qui fait sursauter lors d’une expérience multi-sensorielle, le tout menant à une réflexion d’inquiétude face à  un mauvais sort de se retrouver dans une situation contrôlée par un fou nombriliste narcissique qui ne voit dans le monde que lui-même et lui-même seul, sauf quand il s’agit de surplomber des insectes qui le vénèrent. Mais dès que tels insectes atteignent la grosseur d’un chat, ils sont bons pour l’extermination.

De nombreuses images multimédia sur grand écran format cinéma multiplient le personnage et s’il y en a d’autres, ils lui ressemblent de multiples façons ou encore c’est lui-même dictateur narcissique qui est multiplié ad nauseam. Les gestes d’intolérance qu’il pose sont mimés ou accompagnés de textes, musique ou images marquantes.

Un montage graphique est assez réussi lorsque, comme un squelette pour étudiants d’arts, un des soi-mêmes à lunettes se retrouve avec un corps entièrement composé, pour chaque membre pliant, d’une tête de soi-même à lunettes.

Le spectacle a par ailleurs le mérite de raconter l’histoire de l’esclavage et celle d’Ayiti en moultes détails mais en soulignant les failles imposées aux noirs il pourrait aussi souligner les failles qui écrasent les femmes depuis la nuit des temps alors que la situation est loin de s’améliorer ces dernières années tout particulièrement depuis que les droits des femmes sont solidairement dénigrés et volontairement niés par les hommes qui posent en victimes entre eux et réussissent à se convaincre pour convaincre les autres et parvenir au narcissisme suprême. Mais il ne faut pas s’attendre à une pensée pour autrui dans un spectacle où l’unique personnage narcissique et despotique se met à chanter (faux) habillé d’une devanture rappelant une femme en décolleté, devanture qui lui est tombé du ciel et qui est accrochée un peu comme une robe sur une poupée de carton.

http://montreal157.blogspot.ca/2016/11/ai-je-du-sang-de-dictateur.html


Invendus

avaazpetitionpain

Si tu es d’accord pour que les épiciers, commerçants et restaurateurs du Québec cessent de jeter et volontairement contaminer le pain et autres invendus, signe la pétition : https://secure.avaaz.org/fr/petition

Et une bonne année 2017 à toutes !

 


La violence faite aux femmes

Trop vraie, cette vidéo de Nicole Ferroni intitulée Stéphanie et la violence conjugale, parce qu’en fait, les hommes qui disent nous aimer, ils nous aiment mais souvent avec des oeillères et seulement quand ça fait leur affaire. Autrement, ils nous traitent sans gêne comme de la poussière :..


La dette du Québec

Vérités et mensonges

La Dette du Québec verites et mensonges

La Dette du Québec verites et mensonges

L’Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne, ATTAC Québec, a publié récemment un nouveau livre qui jette un peu de lumière sur l’épouvantail utile qu’est la dette publique pour couper dans les services sociaux qui ont été payés par la population mais qui ne sert qu’à une poignée d’élites.

La dette du Québec : vérités et mensonges est un ouvrage dirigé par Audrey Laurin-Lamothe, Chantal Santerre et Claude Vaillancourt que j’ai eu le plaisir de rencontrer en entrevue vidéo le soir du lancement à Montréal.

La dette du Québec : vérités et mensonges se divise en neuf chapitres débutant par La dette comme instrument de soumission et se demande si le Fonds des générations est nécessaire, à qui appartient la dette, etc, pour se terminer par un survol de notre empreinte écologique et une présentation des auteures. Le chapitre qui m’a le plus interpellée est certainement celui qui élabore sur Un audit citoyen de la dette du Québec, chapitre dans lequel j’ai puisé les extraits suivants :

CITATIONS / EXTRAITS

La part du remboursement de la dette est passée de 32 % à 15 % du budget. Les dépenses sociales ont alors été haussées de 12 à 25 %. (p. 93)

ou que la dette est le produit d’une transformation de dette privée (ou commerciale) en une dette publique sous la pression des créanciers. (p. 95, encadré, Quatre types de mauvaises dettes)

Audit citoyen de la dette publique, expérience et méthode expose avec une grande précision et sans faire abstraction des détails techniques les démarches à accomplir pour réaliser un audit de la dette. La méthode est conçue pour convenir è tous les pays, ceux du Nord comme du Sud (p. 97)

L’ouvrage souligne en première ligne de Conclusion que La dette est trop souvent un prétexte pour présenter les mesures d’austérité comme une fatalité, une nécessité. C’est en effet ce que l’on nous impose depuis des années pour couper dans l’assurance-emploi, couper dans les services de santé au point de créer une pénurie de médecins et de forcer les infirmières à travailler des heures à rendre malade n’importe qui, etc. Il est temps de voir s’il n’y a pas d’autres manières de faire et de regarder la situation. Et La dette du Québec : vérités et mensonges s’y emploie. À lire pour nous aider à y voir un peu plus clair, qu’est-ce qu’il y a dans notre dette, combien et à qui on doit, comment augmenter sans que ce soit les pauvres qui paient afin de mieux comprendre, mieux analyser et mieux faire face à cet instrument qui sert à faire peur à ceux et celles qui n’ont pas accès aux vraies données.

Entrevue vidéo avec Claude Vaillancourt : https://www.youtube.com/watch?v=sv42EY2ylw4

La dette du Québec : vérités et mensonges est publié aux éditions ATTAC Québec.

http://www.quebec.attac.org/?verites-et-mensonges-sur-la-dette-1383


WPP 2016

wpp2016
© Rohan Kelly – Storm Front on Bondi Beach.jpg
WORLD PRESS PHOTO Montréal 2016

L’exposition des photos de presse les plus marquantes de 2015 est présentement à Montréal et comme l’année qu’elle couvre, elle fouette avec ses enfants syriens ensanglantés, ses réfugiés en mer et aux frontières fermées par des clôtures dans lesquels certains réussissent à trouver une brèche, ses femmes anciennes militaires états-uniennes devenues sans abri après avoir été abusées par leurs collègues masculins  qui sont protégés par d’autres collègues masculins et qui causent à ces femmes encore plus de tort…

Ce sont à nouveau quatre expositions en une sur deux étages, débutant par les photos les plus dramatiques et incluant tout de même quelques photos de ski ou de baleines ainsi que quelques bonnes caricatures à propos des paradis fiscaux.

Comme par les années passées, c’est une exposition à ne pas manquer, jusqu’au 2 octobre prochain.

MARCHÉ BONSECOURS
325, rue de la Commune Est dans le Vieux-Montréal

Tous les jours de 10 h à 22 h
Nocturnes : jeudis, vendredis et samedis jusqu’à minuit

http://montreal157.blogspot.ca/2016/09/wpp.html


La preuve par l’architecture

Où peuvent mener les hommes qui marchent et imposent, solidaires derrière un drapeau, fiers de leur pouvoir massu, fiers de participer à la mise en place d’un souffle nouveau dans le monde auquel ils appartiennent et dans lequel ils veulent le haut du pavé et sans conteste ?

La preuve par l’architecture

Exposition La preuve par l’architecture
Photo Copyright CCA

Le CCA propose dans sa salle octogonale une exposition choc dans laquelle les architectes se posent l’énigme de divulguer les torts de leurs confrères nazis qui ont élaboré les salles d’endormissement exécutoire d’hommes, de femmes et d’enfants juifs et gitans à Auschwitz.

Car oui, il y a eu des architectes éduqués et assistés d’esclaves prisonniers qui ont eu le malheur d’oublier leurs plans dans des salles d’archives qu’ils n’avaient pas détruites avant de prendre leurs jambes à leur cou.

Dans le but de répondre aux négationnistes, Robert Jan van Pelt s’est mis en tête de retrouver et de recouper l’information obtenue dans des pays comme la Pologne et aussi la Russie où tout était en cache jusqu’en 1991.

Au milieu de la pièce, comme un bûcher de sorcière
L’exposition présente principalement une cage ressemblant à un petit ascenseur personnel à insecticide ainsi qu’une trappe étanche au gaz et des plâtres dont il faut lire les vignettes, représentant en relief blanc sur blanc des objets d’importance comme un portrait des architectes, une lettre de commande, des plans bâtis… Un peu comme si aujourd’hui des informaticiens oubliaient leur code visant à exclure celles qui sont meilleures qu’eux ou qui ne répondent pas à leur plan ou encore un autre retour en arrière si les inquisiteurs avaient caché dans un coffret leur plan de brûler les femmes indépendantes pour s’approprier de leurs biens… Car au fond, c’est toujours cela l’enjeu : s’approprier des biens ou des idées ou des succès de ceux et celles que les jaloux veulent pour eux-mêmes mais sont trop pressés pour se constituer par eux-mêmes. Donc, nous ne sommes pas sortis de l’auberge !

Ils exécutaient leur boulot
Et que ce serait-il passé si ces architectes avaient refusé de concevoir ces plans ? Ils n’auraient en tout cas pas été tués physiquement selon les commissaires de l’exposition, mais encore ? Auraient-ils été tués socialement ou économiquement ? Selon la co-commissaire Anne Bordeleau, vraisemblablement non mais le co-commissaire Robert Jan van Pelt indique que l’un des individus sur la photo qui a fait les plans de Birkenau aurait par la suite demandé son transfert comme c’était le cas des architectes objecteurs de conscience.

Cette exposition qui rassemble des éléments mis en commun par les quatre commissaires de l’exposition, les professeurs Anne Bordeleau, Robert Jan van Pelt et Donald McKay de l’École d’Architecture de l’Université de Waterloo (Canada) et la productrice indépendante Sascha Hastings dans un exercice de reconstitution historique, mène à la réflexion puisque de nos jours où tout se consomme si superficiellement nous sommes loin d’être à l’abri de par exemple au Québec le retour de curés nouveau genre protégés par un quelconque nouveau drapeau derrière lequel ils se cacheraient et se sentiraient assez protégés pour passer à des exercices personnels de pouvoir malsain et usurpateur corrompu.

À voir au Centre Canadien d’Architecture du 16 juin au 11 septembre 2016.


L’âge économique

L'âge économique Auteur : Claude Vaillancourt M éditeur

L’âge économique
Auteur : Claude Vaillancourt
M éditeur

Un livre révélateur de Claude Vaillancourt que j’ai eu le plaisir de rencontrer en entrevue vidéo, au sujet des abus de toutes sortes que la folie de vouloir mettre une valeur sur tout et n’importe quoi impose à la société et surtout à ceux et celles qui en subissent les conséquences.

Vous remarquez qu’il y a de plus en plus de personnes démunies et par opposition il y a aussi des hommes qui disposent d’une fortune telle qu’ils ne sauraient jamais dépenser sur toute une vie ? Vous voyez clair et vous avez raison de penser que le gouvernement se laisse enfirouaper par ces gens-là qui par ailleurs sont reconnus pour ne pas participer aux dépenses communes dont ils bénéficient (et vont possiblement même jusqu’à recevoir des subventions de ces mêmes gouvernements aussi appauvris que vous et qui manquent comme vous de revenus d’impôts et conséquemment coupent dans les programmes sociaux, vous empêchant de donner de l’élan à votre vie et donc vous appauvriront encore plus gravement quand vous aurez véritablement tout donné alors que ceux qui ont la phobie de donner la moindre cenne vivront toujours dans leurs multiples penthouses et châteaux subventionnés de par le monde).

La cupidité folle du monde actuel
L’âge économique de Claude Vaillancourt décrit les mécanismes de la cupidité folle dont sont atteints ceux qui sont maladivement incapables d’arrêter d’accumuler tout en rejetant complètement toute forme de redistribution de « leur » richesse et explique ce qui a causé la puissance de l’âge économique et ce qui causera sa perte.

Voir l’entretien vidéo (avec les planchistes en background – oui oui nous avons fait l’entrevue dehors, en plein air et en pleine ville) : https://youtu.be/rSE5qWFHARI

CITATIONS / EXTRAITS

« Cette cupidité folle, cette incapacité totale de s’arrêter d’emmagasiner des revenus, s’accompagne en général d’un rejet net et indiscutable de toute forme de redistribution de la richesse, sinon par le biais de fondations privées, qui donnent d’importants avantages fiscaux, tout en favorisant une générosité narcissique, sans planification réelle puisqu’elle est basée sur le caprice et sur les intérêts personnels et momentanés des donateurs et donatrices. » (p. 20)

« L’État social et solidaire, l’une des plus belles avancées de notre civilisation, est démantelé partout dans le monde. Les inégalités sociales redeviennent ce qu’elles étaient il y a plus de cent ans […] et la démocratie est muselée de multiples façons. » (p. 21)

« En produisant des oeuvres peu ancrées dans notre réalité sociale, on transforme le rôle de l’écrivain. On le confine à des sujets […] Une intervention sur un sujet politique devient alors si incongrue, tellement loin de ce qu’on attend de cette personne, que l’écrivainE comprend derechef qu’il doit se taire ; et si l’écrivainE ne le fait pas, on entourera son oeuvre et son propos d’un mur de silence. » (p. 112)

Vous voulez comprendre l’aplatventrisme global et local actuel ? Lisez le livre de Claude Vaillancourt, intitulé L’âge économique, publié chez M éditeur.


Rannaï, T2

RannaiT2.jpgSuite et fin d’un roman passionnant dans lequel se côtoient et se supplantent la ville-dômes et les communautés agricoles, les Dix richissimes hyper-puissants et la populace sans oublier les oubliés et les déplacés sur la Lune implantés là sans leur consentement par les Dix superbes…

L’histoire se passe dans cent ans et c’est comme si, comme le fait l’auteure Karine Raymond en laissant son imagination poser les probabilités, on se demandait comment aurait évolué notre pays « si nous avions conservé les valeurs des Premières Nations au lieu d’adopter les structures françaises et anglaises ? »

Dans ce tome 2 de Rannaï, une formidable suite improbable d’événements se produisent, se bousculent, se superposent. Les personnages plus grands et plus vrais que nature s’entrechoquent et poursuivent leur destin complètement à l’encontre d’eux-mêmes, du monde et de la Terre ou totalement en union avec un mode de vie des plus simple. Les familles séparées se cherchent, on a l’espoir que les trois soeurs vont se retrouver avec leurs parents à la ferme familiale délaissée. On a l’espoir que les humains et les humaines trouveront leurs motivations et des élans amoureux tout aussi durables que leurs projets. On est séduit par les jardins décrits avec tant de passion au détour d’une forêt ou de framboisiers mais aussi par les nombreuses réflexions imbriquées dans le texte : liberté de partir vivre ailleurs et permissions incessantes à demander aux autorités, entente familiale, libertés prises par les riches organisés et les protections qu’ils s’enracinent entre eux, les choix que l’on fait pour soi et pour les autres…

Un roman sublimement rebelle pour indignés, publié chez Druide.

EXTRAITS / CITATIONS

« La sensation de ne pas être adéquate, d’être un parasite pour sa propre planète. Ici, le mode de vie minimaliste était ardu et angoissant, mais il lui permettait, en quelque sorte, de se racheter. Accepter le rythme de la nature, être humble devant sa complexité. » (p. 74)

« En la voyant, il avait compris qu’il ne ferait jamais partie de sa vie. Il n’était qu’un asticot englué dans une toile qui devait oublier l’existence même du bonheur. » (p. 96)

Tant que Mah s’était adressée à des fonctionnaires pour plaider la cause de la Bulle citoyenne, elle n’avait eu aucune embûche. Toutefois, se rapprocher d’un mouvement activiste la positionnait dans la mire des maîtres du jeu. Est-ce à dire que tous les paliers du gouvernement étaient corrompus ou, du moins, bâillonnés ? » (p. 133)

http://www.editionsdruide.com/livres/hiver-2016/Rannai/


100 jours sans viande

Pourquoi et comment arrêter de manger de la viande ?

100 jours sans viande Auteure : Aline Perraudin Éditeur : édito

100 jours sans viande
Auteure : Aline Perraudin
Éditeur : édito

Journaliste spécialisée dans le domaine de la santé, Aline Perraudin révèle dans ce livre qui paraît aujourd’hui chez édito son expérience sur 100 jours de constituer ses repas sans apport de viande et surtout le pourquoi de cette décision.

Et c’est sur plusieurs pages de références en fin d’ouvrage qu’elle appuie sa motivation : la publicité inventive, la maltraitance et la vie trop courte des animaux qui nourrissent l’industrie de la viande, l’étiquetage récent qui n’informe pas, le réchauffement de la planète…

Après cette mise en bouche des plus attristante sur l’être humain, Aline Perraudin nous raconte son vécu d’une semaine à l’autre, relatant entre autres un dîner d’affaires somptueux où elle a dû se contenter des garnitures dans son assiette et se passer de dessert si elle voulait s’en tenir à un régime sans viande. Au cours des 100 jours, elle a rencontré des flexivores, des végétariens, des véganes ; elle a observé leurs assiettes et leur plein d’énergie. Et puis elle a appris comment remplir sa propre assiette de protéines non-animales, elle qui a grandi dans une région de France où les belles Charolaises dans la ferme de ses grands-parents avaient toutes un prénom et étaient traitées comme le prescrit le code rural français toujours en vigueur.

100 jours sans viande est un livre révélateur de nombreuses questions de plus en plus posées par les gens qui veulent manger santé, consommer humainement à l’égard des veaux, vaches, cochons et poules dont l’industrie qui les mène à l’abattoir est loin de pouvoir se targuer d’avoir une conscience à toute épreuve. Vous y découvrirez des gens, des études, des tableaux, des méga fermes productivistes, des produits substituts pas toujours meilleurs que leurs équivalents traditionnels, des Salons de l’Agriculture en compagnie de José Bové, des lois adoptées au Canada en 2016 pour tenter de correctement identifier la provenance…

CITATIONS / EXTRAITS

« À travers mon expérience, voici comment lâcher le steak, tout en gardant une vie sociale intense et une santé de fer. » (p. 8)

« J’ai seulement pu voir ma grand-mère et ma tante – deux générations cohabitaient dans la ferme – aller se servir dans le clapier à lapins comme je le ferais dans le réfrigérateur. »  (p. 12)

« En regardant ces spots, qui pourrait penser qu’en réalité les poules pondeuses sont majoritairement élevées en batterie et ne disposent pour vivre que de l’espace d’une feuille 8,5 x 11 ? » (p. 16)

« J’ai pu ainsi continuer à manger de la viande dissimulée, reconstituée, sous forme de billes ou de cubes. » (p. 18)

« Mais ce qui a achevé de me couper l’appétit, ce fut de découvrir comment était fabriquée la viande hachée de nos plats industriels. » (p. 26)

J’ai eu le plaisir de rencontrer l’auteure à Montréal. L’entrevue vidéo est en ligne :  https://youtu.be/HyMBt8jw_cs

100 jours sans viande, de la journaliste Aline Perraudin, est publié aux éditions édito et disponible en librairie.


Aussi longtemps que les rivières couleront

aussilongtempsUn roman humain bouleversant de James Bartleman, premier Autochtone ambassadeur canadien, qui a su imprégner ce grand roman de toute la souffrance et de tout le pardon jusqu’à une commission de réconciliation au sujet des anciens pensionnats d’abuseurs sexuels se protégeant entre eux pour leurs intérêts tout en prêchant hypocritement le contraire de ce qu’ils faisaient.

Pensionnats autochtones et abuseurs sexuels
Aussi longtemps que les rivières couleront
raconte avec immensité historique et humaine l’histoire de Martha, petite fille autrefois heureuse enlevée à sa famille et à sa communauté à l’âge de six ans pour en faire une petite canadienne de religion blanche et dans la foulée fut pendant des années abusée sexuellement par le prêtre vénéré et bien nourri du pensionnat ontarien où elle était forcée de vivre. À son retour à l’âge de 16 ans, la jeune femme est vide de sens et elle se perd dans l’alcool, se fait enlever son enfant par les autorités, part ensuite pour Toronto où elle découvre un autre monde et où elle cherche son fils pour enfin revenir chez les siens à la suite du décès de sa mère et s’occuper de sa plus jeune.

Il faut lire ce grand roman révélateur et vraiment bien documenté non pas uniquement par solidarité humaine envers les Autochtones mais parce que les tordus qui se protègent entre eux et qui prêchent pour les autres l’inverse de leurs agissements sont loin d’être disparus des hauts niveaux de contrôle omniprésent.

Suicides chez les jeunes
Il faut lire ce grand roman parce qu’il est sublime de vérité aussi sur le fléau des suicides chez les jeunes, conséquences ici de parents maltraités qui ont perdu leur essence et qui n’ont plus rien à enseigner à leurs enfants. Parce qu’il raconte un quotidien de paix dérangé par les Canadiens Anglais suprématistes qui avaient pour objectif nihiliste de tout détruire ce qui existait déjà avant leur arrivée et qu’encore une fois ce genre d’individus qui abusent pour leurs intérêts n’ont pas nécessairement cessé d’exister ni perdu leur détermination.

Aussi longtemps que les rivières couleront est un grand roman historique de conciliation qui aide à comprendre et à passer à autre chose si on a eu le malheur d’être trop quelque chose aux yeux de stratèges et qu’on a par voie de conséquence fait partie de celles/ceux qu’ils ont, un jour ou une décennie, prise pour cible afin de s’implanter sans conteste comme princes s’éclatant dans le grand luxe aux frais des gens qu’ils écrasent en toute connaissance de cause et dans le déni le plus total ajouté de propagande organisée et largement soutenue par les gens qu’ils ont mis en place.

CITATIONS / EXTRAITS

« Les femmes se sont tues pendant un moment, puis ont demandé aux hommes s’ils croyaient que l’argent qu’ils recevraient du commerçant pour leurs peaux suffirait à rembourser leurs dettes et s’équiper pour l’année suivante. Les hommes l’ignoraient et ont donc orienté la conversation sur le thème de la chasse. » (p. 17)

« – Petite fille, je t’ai prévenue […] Le Wendigo ne fait pas que manger les gens. Il peut s’emparer des enfants d’une mère, voler leur âme, s’arranger pour qu’ils se détestent eux-mêmes et haïssent leurs proches, détruire leur culture et les changer en démons sans âme. Pire encore, il peut transformer les enfants en wendigos. » (p. 75)

« – Non, non ! S’il te plait ! Il dirait que je mens, les religieuses l’appuieraient, la police croirait sa version plutôt que la mienne et ce serait moi la personne qui aurait des ennuis. De toute façon, je veux tourner la page et regarder en avant. » (p. 79)

Aussi longtemps que les rivières couleront, un grand roman historique canadien de James Bartleman, est publié aux éditions des PLAINES, collection Premières Nations.