Archives mensuelles : janvier 2016

Rouge

rougeUn roman aux multiples chapitres très courts et concis, fascinant de vérités telles que vécues dans les années de la défroque au Québec mais pas seulement puisque cette enfant et les tuiles auxquelles elle survit en tant que bébé de la famille mais on ne peut pas dire bébé gâté, est racontée avec les mots d’aujourd’hui alors que les femmes se cognent encore trop souvent aux portes fermées sur elles mais ouvertes pour les hommes et qu’elles sont toujours victimes de la solidarité des hommes entre eux.

Une petite fille nommée Marie grandit avec deux soeurs et deux frères dont l’un lui a imposé l’inceste et l’autre n’hésite pas non plus à se servir d’elle mais autrement, lui aussi la faisant devenir adulte avant l’âge à la suite de problèmes reliés à ses activités de vendeur de drogue, alors même que leur père a signé les papiers pour faire interner la mère et que ses deux aînées ne se soucient plus que de leur mariage et ensuite de leur marmaille. Un roman qui montre aussi efficacement la jalousie des femmes entre elles  et des familles entre elles… Le livre raconte sans porter de jugement mais on sent bien que c’est tant mieux si les autres se butent à des difficultés puisque ça nourrit les conversations dans le dos qui leur permettent de se sentir supérieurs.

Native de Montréal devenue professeure de littérature à l’Université de Washington à Seattle, l’auteure Denyse Delcourt revient aussi superbement sur des légendes et des pendaisons de femmes.

CITATIONS / EXTRAITS

« Les filles à l’école disent que la maison de Marie pue le fumier. Qu’elle vit dans un coin perdu de la ville et que sa mère, en plus, est bizarre. Certaines d’entre elles la plaignent. Pauvre Marie ! D’autres en secret se réjouissent. Dieu ne lui a-t-il pas déjà assez donné ? La beauté, la douceur, une grande intelligence. Ne serait-il pas injuste d’en rajouter ? » (p. 17)

« Le revolver n’avait-il pas été, pendant plusieurs mois, mon fidèle compagnon ? Petit poids au fond de mon sac et sous mon oreiller, la nuit, une sorte de présence ? » (p. 62)

Rouge, de Denyse Delcourt, est publié chez Lévesque éditeur, collection Réverbération.

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Le carnaval des innocents

lecarnavaldesinnocentsromancolombienHistoriquement révolutionnaire, rebelle, carnavalesque et quelque peu coquin, ce roman de l’auteur colombien Evelio Rosero dépeint en toutes lettres les festivités entourant la période entre Noël et le 6 janvier, alors qu’à peu près tout est permis dans la ville de Pasto, tout en revisitant par le biais d’un char du défilé, l’histoire glorieusement réfutée de l’illustre Libérateur de l’Amérique du Sud contre la colonialiste Espagne, Simon Bolivar.

Avec des débuts s’apparentant au roman drôle passant au drame historique tout en nourrissant la fiction, il y a à boire et à manger dans ce livre qui passe des folies du carnaval aux folies de la guerre en passant par des manoeuvres de grand stratège qui, comme cela se voit encore aujourd’hui à toutes échelles pour la moindre goutte de pouvoir, souhaite ramener toute la gloire à sa personne.

Des personnages pittoresques comme Don Furibard du Klaxon et sa dévote épouse et un gynéco complètement obsédé par l’idée de remettre les pendules à l’heure, des étudiants, des militaires, les gens de la ville qui subissent les folies des uns et des autres, les artisans, les hommes fous, les belles jeunes filles… 304 pages aux soubresauts fréquents, même chez les vieux couples mariés depuis des lustres, qui se terminent par deux étonnantes, éloquentes lettres de Bolivar.

Ici, de fait, la guerre et le carnaval se courtisent et mettent en scène des personnages qui se ressemblent.

CITATIONS / EXTRAITS

« Primavera en eut les yeux exorbités, elle ne pouvait croire ce qu’elle voyait, mais il fallait le croire, il y avait bel et bien un singe dans la chambre » (p. 25)

« – Onze heures, dit-il en consultant la pendule murale du cabinet, le jour des Saints Innocents n’est pas encore fini. » (p. 79)

Le carnaval des innocents, du Colombien Evelio Rosero, est traduit en français et vient de paraître aux éditions Métailié, Paris. Le carnaval des innocents a reçu le prix national du meilleur roman en 2014.


Système relationnel

De quel système relationnel êtes-vous prisonnier ?

J’ai déjà entendu à Montréal une femme raconter douloureusementDe quel système relationnel êtes-vous prisonnier de Colette Portelance à une copine en un lieu loin d’être privé que son conjoint passait son temps à lui signifier qu’il y avait une queue, une longue file d’attente remplie de femmes prêtes à la remplacer dans son lit. Mais quelle horreur !

Le livre de Colette Portelance m’a fait penser à cette femme qui visiblement cherchait désespérément une solution. Quelle tristesse que d’être coincée dans une relation de dépendance, aux prises avec un manipulateur, supérieur, persécuteur, envahisseur, juge, bourreau, sauveur, abandonnique… et d’être sa proie inférieure, envahie, coupable, persécutée, victime, ange, affligée. Ou l’inverse.

Dans un cas comme dans l’autre, chacun des individus dans ces relations de couple, d’amitié ou de parent-enfant adopte ces comportements en raison de blessures passées, certainement non revisitées ni réglées et qui causent la personne à écraser, fuir, imposer, se faire imposer, accepter l’exclusion sans se défendre ni dénoncer, se laisser manipuler sans jamais trouver à redire sinon gare à elle.

Ce livre est une petite merveille pour faire comprendre ces processus mais surtout contient un nombre incalculable d’explications courtes en caractères gras, élaborées ensuite, parfois avec exercice pratique, souvent avec exemples vécus.

Le chapitre le plus passionnant du livre est certainement les 80 pages consacrées au travail sur soi, suivi d’une trentaine de pages sur la relation avec les autres, avec exercice descriptif complet sur la manière de s’engager à véritablement rétablir une relation de couple et comment ne pas s’en tenir au seul critère de la sexualité qui n’est qu’une patte des quatre qui tiennent une chaise debout.

Vraiment un très beau livre à s’offrir en cadeau pour le reste de votre vie : De quel système relationnel êtes-vous prisonnier ?, de Colette Portelance, publié aux éditions du CRAM,  Centre de Relation d’aide de Montréal.

CITATIONS / EXTRAITS

« Autant la victime que le surhomme sont des êtres de pouvoir qui assujettissent les autres, par des moyens différents, parce qu’ils sont assujettis à leurs propres blessures non conscientisées et non acceptées. » (p. 291)

« Pas toujours conscient de servir de marionnette au manipulateur, qui lui donne la lune quand il obtient ce qu’il veut et qui la lui retire quand il ne se soumet pas, le manipulé finit presque toujours par abdiquer pour éviter le conflit. » (p. 139)

« L’envahisseur est un être qui ne respecte pas les territoires physique, psychique, intellectuel et professionnel des autres. Il ne manifeste aucune considération pour leurs limites et les frustre dans la satisfaction de leurs désirs et de leurs besoins au profit des siens. Quand il envahit, il ne tient compte de personne d’autre que de lui-même. » (p. 196)

De nos jours, nous avons toutes et tous ce genre d’invididus dans l’un ou l’autre ou partout dans notre environnement. C’est pourquoi ce livre pourrait s’avérer vraiment utile pour contrer leur expertise à faire de vous ce que vous n’êtes absolument pas et pour savoir vous en défendre.

http://psycho-ressources.com/blog/systeme-relationnel/


Terre des femmes

nassirabelloulaSLM2015

Bouleversant, le plus récent roman de Nassira Belloula dans lequel se mêlent dans une prose poétique le sang des accouchements à celui des batailles et des guerres menées par les hommes et les femmes sur cinq générations.

La nouveauté, c’est qu’au lieu de voir l’Histoire en excluant les femmes, cette fiction historique part des femmes, de mère en fille, leur accueil au village lorsqu’elles sont déplacées, leur histoire d’amour et leur vie auprès ou en l’absence de leur homme ou de la famille ou encore des personnes de confiance recommandées par des hommes ou des femmes qui leur veulent tout le bien possible même si toutes ces vies sont assujetties aux atrocités des colonialistes et opportunistes parfois politiques, d’autres fois de la « noblesse » ou encore militaires Français en Algérie pendant les plus de cent années d’occupation. Individus égorgés, filles violées, villages rasés, maisons et récoltes brûlées, Algériens pourchassés pour être tués, chassés de chez eux, hommes et femmes ensemble ou esseulés devant tout recommencer ailleurs. Et de mère en fille, la vie continue dans ce roman qui se situe entre 1847 au moment de l’invasion des Français jusqu’au déclenchement de la Guerre d’Algérie. C’est souvent déchirant. C’est toujours dense d’Histoire et de féminité mais aussi de masculin. Pour la dernière de la lignée, un chapitre haletant, un vrai page turner.

CITATIONS DE NASSIRA BELLOULA EN ENTREVUE

« Pour chaque femme, il y a une époque qui est relatée avec les faits, les événements, ce qui s’est passé à cette époque-là », explique Nassira Belloula en entrevue vidéo dans laquelle il est aussi fortement question de la condition féminine. « Un survol de cent ans d’Histoire » dans les Aurès avec « beaucoup de déchirements ». « les derniers attentats de Paris […] on voit que rien n’a changé. »

CITATION EXTRAITE DU LIVRE

« Tadla soupira, les choses devaient passer ainsi, elle ne dérogeait pas à la règle, après tout, son sort était lié intimement à sa filiation féminine, ce lien confus et douloureux qui faisait d’elle le prolongement de la destinée des siennes, destinée de souffrance, semble-t-il, car à partir de ce passé, le chemin tracé était assez laborieux. Il finirait bien par arriver quelque part. Elle pensa à Yélli, sa mère, ne lui avait-elle pas donné la vie dans la plus profonde des solitudes. Elle, le fruit d’un amour interdit. Qui sait ce qui serait advenu d’elle, sans la force et la ténacité de ses deux grands-pères, ennemis héréditaires, réconciliés dans le malheur. » (p. 108)

Dans le texte sont par ailleurs insérées de nombreuses citations, des paroles ou des écrits notamment de personnalités à la carrière de tous niveaux, y compris des plus hauts perchés.

Terre des femmes mériterait bien une Note de l’auteur en fin d’ouvrage s’il était publié ici, mais vu qu’il est publié en Algérie (Chihab éditions), il n’est malheureusement pas disponible chez nous. S’agirait-il là d’un triste manque dans les réseaux de communications mondiaux qui font en sorte que nous ne sommes pas en mesure de connaître aussi bien qu’on le voudrait ? Comment y remédier ? La France a-t-elle une oreille à l’écoute ou une idée d’apaisement pour rétablir la paix de l’âme ?

J’ai eu le plaisir de rencontrer Nassira Belloula au Salon du livre de Montréal 2015 où elle m’a accordé une entrevue vidéo : Nassira Belloula, algéroise et montréalaise.

 


Projetez confiance et crédibilité

Projetez confiancePour bien débuter l’année, pour trouver plein de bonnes résolutions à adopter tout au long de l’année et toujours faire une bonne première impression, notre spécialiste québécoise certifiée en étiquette et protocole nous a préparé une bible à avoir sous la main, qui pour sa garde-robe, chapitre homme et chapitre femme, qui pour participer aux réunions, communiquer avec la technologie, bien se comporter aux repas d’affaires, pour réseauter, etc.

Vraiment, après Quoi dire, comment faire et quand ?, Julie Blais Comeau nous revient avec Projetez confiance et crédibilité. un livre à garder sous la main avec ses innombrables soins à décrire les comportements corrects autant traditionnels qu’hyper modernes. Son aide-mémoire pour le réseautage pourrait vous être particulièrement utile en tout temps et en tout lieu.

CITATIONS / EXTRAITS

« Quand votre message est de cinq mots ou moins, écrivez-les comme objet, suivi de FM (Fin du message). La première fois que vous utiliserez FM, épelez l’acronyme pour votre destinataire. » (p. 136, Début du message et formule d’appel, LES COURRIELS)

« Comme indiqué précédemment, le pain n’est pas un amuse-gueule. Il ne doit pas être mangé en attendant le repas. Le pain accompagne le repas. » (p. 204, MANGER LE PAIN)

J’ai eu le plaisir de rencontrer Julie Blais Comeau au Salon du livre de Montréal 2015 où elle m’a accordé une entrevue vidéo au stand de Béliveau éditeur.

etiquettejulie.com