Archives de Catégorie: Montréal

Conversion

Avec par moments autant d’intensité que A Streetcar Named Desire, ce qui n’est pas peu dire, cette pièce en anglais couvre un sujet globalisé sur des gens qui ne voient qu’eux-mêmes et qui voient confortablement les autres comme des menaces à leurs petites habitudes, désirs, volontés, croyances et préjugés.

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Il s’agit ici d’une famille où la mère totalement détestable et son mari médecin rendent visite à leur fille juive et à leur gendre noir et islamisant. Et ce n’est là que le début des défis car la mère devenue juive pour mariage et son mari conservent bien caché un secret qu’ils ne souhaitent à aucun prix partager avec les autres même si le temps est venu. Et comme si ce n’était pas assez, voudraient-ils d’un petit Bamboula comme petit-fils ?

La pièce n’est pas tendre, oblige les uns et les autres à se regarder le nombril (donc, elle n’atteindra vraisemblablement pas ceux qu’elle critique, pas directement en tout cas) et est menée de front par quatre comédiens solides. Sous-titres certains soirs dans un français à deux cheveux d’être parfaits.

alysongrantConversion est un véritable petit chef d’oeuvre d’Alyson Grant et Infinity Theatre présenté dans une ancienne église, l’Espace Knox à NDG. d’une durée de 80 minutes sans entracte.

@Infinitheatre      www.facebook.com/InfinitheatreMontreal

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Bitchage & harcèlement

Comment se protéger contre le bitchage et le harcèlement psychologique et sexuel
Auteure : Marthe Saint-Laurent
Les éditions Québec-Livres

Comment se protéger contre le bitchage et le harcèlement psychologique et sexuelVictimes de la collusion en bas de la ceinture des hommes entre eux autant que des femelles jalouses qui écrasent bec et ongles celles qui menacent leur soi-disant suprématie installée ou qui les excluent pour régner seules au milieu des hommes, les femmes et les filles n’en finissent jamais de se faire harceler, bafouer, exclure, expulser, et ce pour un oui ou pour un non, au nom d’un individu avec une face faussement harmonieuse ou d’une enragée de pouvoir au sourire dentaire menaçant ou encore d’une fille-de protégée par l’argent de sa famille, les uns comme les autres se croyant permis de s’attendre à des faveurs de type sexuel ou exclusif quelconque.

Et voilà qu’en plein milieu des multiples dénoncements #METOO et #MOIAUSSI, Marthe Saint-Laurent vient d’en faire un livre armé de tous ses écrits précédents et de sa connaissance approfondie sur le bitchage et le harcèlement que subissent les femmes et les filles… et certainement aussi en pourcentage minuscule comme à l’époque des curés, les petits garçons – mais d’eux on va certainement en entendre mille fois plus parler étant donné la solidarité et la collusion des hommes en bas de la ceinture.

EXTRAITS / CITATIONS

Ainsi, trop de femmes se voient contraintes de consentir des faveurs sexuelles en échange d’une promotion, d’un rôle à l’écran ou sur scène, d’une popularité ou encore de l’assurance de conserver leur emploi. (Oserais-je ajouter : ou même d’obtenir l’info et l’accréditation nécessaires des organismes subventionnés par les gouvernements avec l’argent public autant à une journaliste femme qui a le meilleur site en ville qu’aux journaliste masculins pour faire son travail si bien sûr nous ne vivons plus à l’époque des curés et de la grande noirceur où l’argent, le pouvoir et le plaisir étaient réservés aux hommes et aux masculinistes exclusivement)

Perso, je ne crois pas avoir eu un seul boulot ou participé à une seule activité où il n’y ait eu de harcèlement psychologique ou sexuel ou les deux (des hommes qui insistent pour satisfaire leurs élans sexuels ou qui vous expulsent si vous n’offrez pas illico votre corps en échange de votre présence et qui profitent de la solidarité masculiniste pour vous tenir la tête sous l’eau, des femmes qui vous attaquent et qui vous font jeter dehors en couchant avec ces hommes et en manipulant les autres) et j’ai vu du harcèlement psychologique et du harcèlement sexuel dans les endroits les plus grandioses et dans les endroits les plus microscopiques et réduits en nombres de personnes et en superficie même si très souvent subventionnés avec de l’argent public, tous des lieux où les femmes correctes subissent des complots malodorants et n’ont d’autre choix que de se faire briser la vie de même que des années de travail que des hommes leur volent solidairement en bas de la ceinture et ces femmes victimes décidant finalement n’y plus retourner pour leur sécurité ou pour vivre sans toute cette violence masculiniste haineuse organisée. C’est vraiment à vômir. Et c’est vraiment excécrable que les gouvernements endossent tacitement ces comportements misogynes, femmophobes et féminicides.  QU’ON SE LE DISE : Les élans sexuels au travail n’ont rien à voir avec l’amour !
#moi aussi

Bravo Marthe Saint-Laurent de nous donner la parole, d’éclaircir toute cette noirceur et de nous encourager à survivre et à vivre par des marches à suivre.

http://www.quebec-livres.com/comment-se-proteger-contre-bitchage-harcelement-psychologique-sexuel/marthe-saint-laurent/livre/9782764026717


Open Univ

Un jour la BBC décida que l’éducation, ce n’était pas seulement l’affaire des fils-de mais que c’était d’intérêt général. Alors la BBC mit tout en oeuvre pour créer des cours qui furent diffusés aux heures de grande écoute avec d’énormes kits envoyés dans de grosses boîtes par la poste aux femmes et aux hommes désirant faire quelque chose d’intelligent avec leurs dix doigts. Oui, oui, même avant Internet on pouvait communiquer et s’intéresser à tout, juste pour le plaisir ou juste pour avoir un vrai diplôme et juste pour peut-être se lancer dans une carrière plus intéressante.

openuniv

L’université à l’antenne : diffuser l’architecture moderne / The University Is Now on Air au CCA

ÉDUCATION MASSIVE
L’heure de l’UNIVERSITÉ OUVERTE et de l’éducation massive avait donc sonné en 1975 et c’est le sujet de la nouvelle exposition dans les grandes galleries du Centre Canadien d’Architecture qui dans cette même optique de toutes ses expositions présente aussi dans sa salle octogonale une série de photos datant des mêmes années sur le sujet de la pierre grise de Montréal. Profitez-en pour revoir le fameux viaduc infernal de l’avenue du Parc aux côtés du Vieux Séminaire St-Sulpice (17e siècle) et des maisons du carré St-Louis.

pierregrisemontreal

D’autres activités se tiendront en marge de l’exposition :

  • Une contre-visite guidée par Tim Benton, un professeur de cette université télévisée, aura lieu le jeudi 16 novembre à 19h30 au CCA.
  • lundi 20 novembre, 18h30, Conversation : L’école qui n’en a jamais été une, avec Joaquim Moreno et Mary Lou Lobsinger, conversation animée par John Harwood
  • Jeudi 25 janvier , 18h30, Commentaire en direct, Owen Hatherley présente des épisodes du cours A305
  • Jeudi 1er mars 2018, 18h30, Douglas Spencer sur la précarité et l’éducation des étudiants-entrepreneurs
  • le CCA publiera un épisode chaque semaine sur sa chaine youtube.

http://montreal157.blogspot.ca/2017/11/cca-luniversite-lantenne.html
http://montreal157.blogspot.ca/2017/10/la-pierre-grise-de-montreal.html

cca.qc.ca

 


FFM 2017

ffm2017Elvis, Jerry Lewis, Bjork, la mafia italienne avec le maire et les pouvoirs publics dans la poche et avec leurs convainquantes communications globalisées, collusion, corruption, un père haitien qui combat pour les droits des femmes a contrario de tous les hommes lâches et solidaires ce qui en revanche ne rend pas toute religion sainte et sans reproche… Des sujets de quêtes pour combattre les guerres, les truands et les malfrats si bien organisés. Des contes épiques, des films pour se réexpliquer l’histoire, des documentaires, des drames psychologiques poussés…

Le Festival des films du monde de Montréal 2017 présente une sélection choisie de films en provenance de l’Iran, d’Azerbaijan, Italie, Chili, France, Kyrgyzstan, Mexique, Pologne, Chine, États-Unis, République dominicaine, Taiwan, Japon, Hongrie, Russie, Corée du Sud, République tchèque, Slovaquie… et même de chez nous.

Voir l’horaire :
http://www.ffm-montreal.org/actualites/150-horaire-des-films-au-ffm.html

Ou visionner une des bandes annonces : Les éléphants perdus


Clef des champs : photos

Quelques photos du jardin La clef des champs à Val David.

Photos Karolina Studzinska, https://www.facebook.com/brikolina


Musée Stewart

stewartC’est dans cet ancien fort militaire de Montréal situé à l’île Sainte-Hélène que l’on trouve cette année la meilleure exposition commémorative d’Expo 67.

Une immersion avec casque
Dès qu’on entre dans la pièce, on a l’impression de revivre la visite d’un pavillon de l’époque : on est accueilli dans un parcours animé et surtout on expérimente quelque chose et ici il s’agit de larges fauteuils de style auquel s’ajoute un casque qui nous ramène dans le Labyrinthe.

Expo 67 – Rêver le monde. c’est aussi une autre galerie où là encore on revit le rêve et la joie de vivre de l’exposition universelle de Montréal 1967 par des extraits de films et des collections personnelles.

Histoires et Mémoires
Au Musée Stewart on trouve également l’exposition permanente, toujours aussi intéressante avec son armure maximilienne, sa très grande maquette de Montréal avec écrans interactifs, sa pétition des Patriotes, des cartes terrestres et du ciel, des costumes, plein d’objets historiques.

 


Biosphère

Quand le ciel est bleu, la Biosphère est très certainement le plus beau musée montréalais où passer la journée. Et il y a de quoi oublier le temps qui passe avec les multiples expositions et les microscopes, éoliennes, deux toits verts, deux murs verts, animations, jeux, découvertes interactives et surtout le spectacle immersif qui se déroule sous tous les temps et qui permet de revenir en enfance l’espace d’une demi-heure !

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Planète Montréal, Ceci n’est pas un parapluie, Regard sur l’Arctique, Naturellement Canadien, Écho 67 : 50 ans plus tard, TIC TAC TOX, Habitats2067, Façonner l’avenir, 1 degré : Qu’est-ce que ça change ?, Énergies renouvelables : l’heure des choix, Vaisseau spatial Terre, Animations scientifiques…
Sont autant d’expositions qui sont présentées à la Biosphère. De quoi passer une journée captivante et vraiment mémorable !

Prise par Éliane juin 2017_Planète MTL(2)

Personnellement, j’ai adoré l’exposition Planète Montréal qui permet de personnaliser la visite à l’aide d’une plaquette magnétique. Celle-ci fait en sorte que les divers panneaux et jeux de l’exposition suivent chaque joueur qui en fin de parcours peut se retrouver pleinement dans son profil et choix à faire. L’espace central est composé d’une grande maquette où s’affichent des résultats électroniques des jeux et d’un film sur écran 360 avec les poste de jeu tout autour. Le film est un montage d’images filmées jour après jour pendant un an.

J’ai aussi vraiment bien aimé le voyage dans un cumulo-nymbus avec données météo, une des immersions à la Biosphère, Musée de l’environnement, qui devrait redevenir un lieu de destination et d’inspiration pour jeunes adultes et plus en raison de toute la passion nature exprimée autour et à l’intérieur.

Aussi, près de l’entrée, l’exposition qui rend hommage à l’inventeur du dôme géodésique de la Biosphère, Richard Buckminster Fuller, qui avait déjà prévu en 1967 la surexploitation des ressources de la Terre et qui suggérait de considérer notre voyage sur cette planète comme un départ en vaisseau spatial : il faudrait planifier d’avoir suffisamment de nourriture et de tout pour s’assurer de revenir chez soi en toute quiétude !

Tout de même hâte de gouter le résultat du houblon pour la cuvée bière du 375e qui pousse sur le toit…

Allez visiter la Biosphère, c’est vraiment une belle expérience.


17 mai 2017

AUJOURD’HUI il y a 375 ans, Jeanne Mance et de Maisonneuve débarquaient à Montréal à l’angle du fleuve Saint-Laurent et de la petite rivière Saint-Pierre, là où Madame Francine Leliève a fondé il y a 25 ans Pointe-à-Callière, cité d’archéologie et d’histoire de Montréal.

La plus ancienne infrastructure souterraine
en Amérique du Nord,
premier égout collecteur en pierres des champs
qui a recouvert l’ancienne rivière Saint-Pierre
Pointe-à-Callière, cité d’archéologie et d’histoire de Montréal
Photo Jacqueline Mallette

Après 80 prix d’excellence, le musée compte maintenant sept sites dont la plus ancienne infrastructure souterraine en Amérique du Nord, le premier égout collecteur, un magnifique tunnel en pierres des champs qui a recouvert la rivière Saint-Pierre, et le pavillon de l’exposition qui y est associée. Pointe-à-Callière renferme aussi la cloche du fort de Ville-Marie que l’on a entendue lors de l’inauguration, fort qui a vu la première habitation française à Montréal, de même que le premier cimetière catholique de Montréal, la première place du marché à Montréal, le premier Parlement du Canada, premier marché couvert (le marché Sainte-Anne), la première douane de Montréal et la première station de pompage électrique de Montréal.

Félicitations Madame Francine Lelièvre, c’est une réalisation gigantesque en 25 ans !

Francine Lelièvre, fondatrice et directrice générale
Pointe-à-Callière, cité d’archéologie et d’histoire de Montréal
Vidéo Jacqueline Mallette

Pointe-à-Callière présente de nombreuses expositions permanentes et temporaires et sait animer ses sites de multiples façons actives et interactives pour vivre l’histoire de Montréal par le biais d’activités, d’énigmes, d’un marché annuel dans les rues entourant le musée qui se tiendra en fin de semaine, d’ateliers, d’archéologie, ainsi que les symphonies portuaires, les visites guidées des fouilles archéologiques du marché Sainte-Anne et du Parlement de la province du Canada, les dimanches-familles, l’Halloween, le vrai père Noël, pour ne nommer que celles-là, donc toujours plus d’innovation pour ses 10 millions de visiteurs depuis 25 ans.

La Maison de Callière,
partie de l’animation avec affichage,
par un petit bouton en bas à gauche de l’écran interactif,
du lieu exact où l’on se trouve par rapport au site complet de l’époque
Photo Jacqueline Mallette

Pointe-à-Callière, c’est LE LIEU DE FONDATION DE MONTRÉAL et c’est LE LIEU vraiment spécialisé en archéologie. Cherchez pas ailleurs, l’excellence, c’est ici.

Dans le nouveau pavillon,
on marche sur un plancher de verre juste au-dessus du
fort de Ville-Marie et de la maison de Callière
Photo Jacqueline Mallette

A souligner dans la programmation 2017 : le marché gratuit en fin de semaine, la gratuité pour toutes et tous au musée du 20 mai au 20 juin 2017, la gratuité pour celles et ceux qui ont 25 ans lors de leur visite (preuve d’âge requise), les expositions, le mois de l’archéologie, etc.

http://pacmusee.qc.ca/


Choisir la solidarité féminine

choisir-la-solidarite-feminineLa merveilleuse salvatrice Marthe Saint-Laurent reprend son bâton de pélerine, elle qui en 2009 a été la première à dénoncer l’immense problème du bitchage entre femmes.

Dans ce nouveau livre, elle analyse l’ampleur des forces féminines, les qualités qui nous caractérisent et pourraient nous propulser vers l’entraide et le succès si la jalousie, l’envie ou la trahison passées ou présentes ne nous poussaient pas à nous faire bêtement du tort mutuellement.

Pourquoi parler de bitchage et d’intimidation ? Comment reconnaître une relation saine ? Comment choisir une bonne alliée ? Quels sont les parallèles entre mère de famille et gestionnaire ?

Je dois avouer que j’étais contente de lire dans cet ouvrage qu’une femme qui travaillait en milieu d’aide aux femmes a dù se rendre aux constatations de Marthe Saint-Laurent puisque par expérience personnelle, c’est clair que dans ces milieux aussi, les femmes peuvent être confrontées au déni 101, à la mauvaise foi 203, aux clans fermés 306, à l’hypocrisie 405, etc.

CITATIONS / EXTRAITS

Pourquoi parler de bitchage et d’intimidation ? Simplement parce qu’il faut cesser d’avoir peur de dénoncer (p. 17)

Diviser pour régner, c’est parler dans le dos des autres, c’est monter un clan à force de gérer et de régenter afin d’affaiblir un individu ou un groupe. (p. 26)

Bien qu’il demande conseil, il ne suit pas nécessairement les recommandations. Il éprouve de la difficulté à essuyer un refus. Il vit dans la tristesse et pleure souvent. Bien qu’il recherche l’indépendance, il s’accroche rapidement aux autres. (p. 86, L’abandon)

Dans la mesure où une relation nous détruit, qu’elle gruge notre énergie et fait sortir ce qu’il y a de plus laid en nous, c’est qu’elle n’est pas ou plus pour nous. (p. 78)

Choisir la solidarité fémnine, de Marthe Saint-Laurent, est publié aux éditions Québec-Livres. En librairie le 8 février 2017.

Autres livres de Marthe Saint-Laurent sur le bitchage et l’intimidation :
servicesmontreal.com/jacqueline/l.bitchage.html
servicesmontreal.com/jacqueline/l.bitchage-guide-survie.html


Ai-je du sang de dictateur ?

Résultat d’une recherche identitaire personnelle, Didier Lucien présente ici le despotisme à travers un spectacle historico-burlesque mettant sous des projecteurs multimédias l’histoire d’Haïti.

aijedusangdedictateur-soi-memeDu dictateur aux hommes en robe ou en costume militaire qui imposent leurs diktats aux autres en passant par l’homme blanc qui en impose à l’homme noir ou par l’homme tout court sur la femme ou l’homme orchestre sur les enfants, toutes les raisons sont bonnes pour exploiter les noirs comme biens meubles (ou les femmes, au même titre, sauf qu’il n’y a pas de mois de l’histoire des femmes – il y a bien eu un frêle essai une année mais il fut avorté à mi-chemin et ne revint jamais – il a dû se perdre dans les méandres des petits bouts précaires et cassés de la rue Jeanne-Mance alors que le Sieur de Maisonneuve a, lui, un long boulevard avec ligne de bus, ligne de métro, piste cyclable, etc.

Mais revenons à notre sujet des dictateurs et despotes. (L’avions-nous quitté ?)

Dans ce spectacle, il y a en plus du burlesque, plusieurs ressentis qui assaillent la spectatrice : la perplexité et même l’effroi qui fait sursauter lors d’une expérience multi-sensorielle, le tout menant à une réflexion d’inquiétude face à  un mauvais sort de se retrouver dans une situation contrôlée par un fou nombriliste narcissique qui ne voit dans le monde que lui-même et lui-même seul, sauf quand il s’agit de surplomber des insectes qui le vénèrent. Mais dès que tels insectes atteignent la grosseur d’un chat, ils sont bons pour l’extermination.

De nombreuses images multimédia sur grand écran format cinéma multiplient le personnage et s’il y en a d’autres, ils lui ressemblent de multiples façons ou encore c’est lui-même dictateur narcissique qui est multiplié ad nauseam. Les gestes d’intolérance qu’il pose sont mimés ou accompagnés de textes, musique ou images marquantes.

Un montage graphique est assez réussi lorsque, comme un squelette pour étudiants d’arts, un des soi-mêmes à lunettes se retrouve avec un corps entièrement composé, pour chaque membre pliant, d’une tête de soi-même à lunettes.

Le spectacle a par ailleurs le mérite de raconter l’histoire de l’esclavage et celle d’Ayiti en moultes détails mais en soulignant les failles imposées aux noirs il pourrait aussi souligner les failles qui écrasent les femmes depuis la nuit des temps alors que la situation est loin de s’améliorer ces dernières années tout particulièrement depuis que les droits des femmes sont solidairement dénigrés et volontairement niés par les hommes qui posent en victimes entre eux et réussissent à se convaincre pour convaincre les autres et parvenir au narcissisme suprême. Mais il ne faut pas s’attendre à une pensée pour autrui dans un spectacle où l’unique personnage narcissique et despotique se met à chanter (faux) habillé d’une devanture rappelant une femme en décolleté, devanture qui lui est tombé du ciel et qui est accrochée un peu comme une robe sur une poupée de carton.

http://montreal157.blogspot.ca/2016/11/ai-je-du-sang-de-dictateur.html