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CCA maquettes et impressions 3D

Troisième et ultime volet dévoilant l’Archéologie du numérique sous le thème Complexité et Convention, la nouvelle exposition au CCA raconte par le biais tout particulièrement de nombreuses maquettes majoritairement imprimées en 3D vingt-cinq projets précurseurs des années 1990, époque charnière pour les architectes qui devaient passer au numérique.

Le Centre Canadien d’Architecture offre par ailleurs l’occasion au public de rencontrer plusieurs de ces architectes qui ont pris le virage informatique dès le départ et dont les projets marquants sont inclus dans cette exposition, de loin la plus visuelle des trois volets, lors d’un événement demain mercredi 11 mai dès 13h30 jusqu’en fin d’après-midi. Intitulé The Greg Lynn Show, cet événement rassemblera 17 architectes qui pourront discuter des projets et des logiciels qui leur ont permis de les mener à bien mais aussi de l’impact que l’informatique a eu sur le métier, ne serait-ce que d’être en mesure de voir l’effet du soleil sur les résultats avant même de commencer à bâtir.

L’exposition ouvre le 11 mai 2016 et sera dans les galeries principales du CCA jusqu’au 16 octobre 2016.

cca.qc.ca

 

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POLICE

Le 15 mars avait lieu la manifestation annuelle contre la brutalité policière. Semble-t-il que les manifestants tout comme possiblement les piétons passant par là auraient été pris en souricière. Mais qui donne les ordres ? N’avons-nous pas toujours le choix de les suivre ou pas ? Quels sont les termes de vie d’un policier ? Sont-ils bien payés ? Sont-ils tous sans coeur, machos, brutaux, méchants et violents ?

De l'autre côté de la matraque - Les dessous du métier de policier

De l’autre côté de la matraque – Les dessous du métier de policier

Voici est un livre sur le métier de policier tel que vu par un policier fils de policier. C’est donc un policier qui a suivi dans les traces de son père qui se dévoile et qui dévoile quelques aspects de son métier tel que des récits fictifs ressemblant à des faits réels ainsi que les différences de salaires selon le corps auquel on appartient.

On y trouve des détails sur différents aspects physiques et psychologiques ainsi que l’aide à laquelle les policiers ont accès :

« La culture policière garde encore aujourd’hui de profondes racines de cette génération d’invincibles, pour qui la seule façon d’extérioriser leur détresse intérieure était l’alcool, les femmes, le sexe et le travail. Mon père fut un super flic. Il était bien vu dans le milieu. Il s’était fait tirer dessus au cours des premières années de sa carrière, recevant une balle bord en bord de la cuisse. Il a procédé à l’arrestation d’illustres criminels et a enquêté sur des crimes qui ont marqué l’histoire du Québec. Mais côté personnel, il en fut bien autrement. » (pp. 43-44)

Il est également question des manifestations du Printemps érable, des manifestations en général, de l’usage de la violence et de la société :

« Depuis les deux dernières semaines, il a dû faire pas moins de 45 heures supplémentaires en lien avec les manifestations étudiantes. » (p. 49)

« Je ne suis pas en train de discréditer les manifestants, encore moins de tenter de couvrir certains débordements  policiers. Parce qu’il y en a ! » (p. 131)

« Nous avons tous l’impression qu’il y a deux justices : celle des riches et celle des pauvres. Malheureusement, il est vrai qu’une personne ayant les moyens financiers de se payer de bons avocats aura davantage de chances de se sortir des griffes de la justice. » (p. 173)

À certains points de vue, l’auteur – étant vraiment imprégné de son milieu et cela de père en fils – ne semble pas reconnaître que les problèmes au travail sont souvent les mêmes partout ou à peu près dans ce monde immonde de globalisation infernale régie par les mafias et les psychopathes :

« La culture policière d’aujourd’hui, bien que foncièrement différente, entretient toujours l’image du faible, celui ou celle qui, pour des raisons particulières, tombe en arrêt de travail ou ose dire qu’il consulte un psychologue. Parler de ses émotions, de choses du coeur, de sentiments, ça reste encore marginalisé, voire ridiculisé. » (p. 44)

C’est donc un livre très personnel et humaniste (le mot est déjà si vastement utilisé) que nous confie Martin Prémont. Ce sont les considérations d’un policier qui se pose probablement autant de questions que n’importe quel Québécois ou Québécoises ne bénéficiant pas de quelques millions pour chacune de ses prestations de deux heures ou d’un immeuble-bureau-condo gratuitement fourni par la ville avec congé de taxes éternellement et qui voudrait une épaule ou une oreille pour se confier et qui possiblement – comme tant de monde – aurait peut-être envie d’aller voir ailleurs, de changer de carrière ou de lui aussi recevoir des subventions pour se balader de festival en festival sur le dos de ses petits concitoyens. Ce sont aussi les sentiments d’un policier fils de policier qui préférerait un tantinet être vu comme Jane plutôt que Tarzan (mais vraisemblablement tout en restant bien planqué dans la solidarité et la configuration physique donnant droit à tous ses nombreux privilèges masculins).

Ce livre est certainement un témoignage intéressant au point de vue planification de carrière et on vous conseille de le parcourir avant de demander à votre beau-frère policier de faire effacer une contravention que vous auriez reçue – disons comme cela est arrivé à … [rien à voir avec le livre] – pour être passéE au feu jaune n’ayant pas viré au rouge avant d’arriver de l’autre côté, en plein après-midi calme et ensoleillé, sur une rue tranquille et pittoresque longeant le bord de l’eau, en vous faisant dire par celui qui vous la tendait : Ah c’est votre anniversaire ?!… et que vous n’avez pas contestée puisque c’était désert et que sa parole a beaucoup plus de valeur que la vôtre.

De l’autre côté de la matraque – Les dessous du métier de policier est écrit par Martin Prémont et publié chez Béliveau éditeur.