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EXPOSITION AFFAMÉ DE DESIGN

Au Musée Stewart, île Stainte-Hélène
Du 14 juin 2012 au 14 avril 2013

« Le design moderne est entré dans les maisons américaines non pas par la porte d’en avant mais par la cuisine… »
—Walter Dorwin Teague, Design This Day, 1940


Au Québec, la cuisine est la pièce centrale des maisons. C’est le lieu par excellence pour les rencontres, les échanges et même les partys d’où, l’expression populaire « Party de cuisine ! » L’ambiance était en effet festive – voire même  épicurienne – au Musée Stewart à l’occasion du lancement officiel de l’exposition Affamé de design, Le design de nos cuisines du XVIIIe siècle à demain.

Cette première exposition temporaire – depuis la réouverture du Musée en août dernier – retrace l’origine et l’évolution des cuisines résidentielles en Amérique du Nord et sera présentée du 14 juin 2012 au 14 avril 2013.

INTRODUCTION

Cette exposition retrace l’histoire de ce que les spécialistes ont estimé être un style esthétiquement plaisant, selon les époques, influencé par une technologie fonctionnelle que procurent les appareils ménagers, les ustensiles de cuisine et
l’agencement de cet ensemble. La conception des appareils – depuis les mixeurs aux lignes aérodynamiques jusqu’aux élégantes cafetières en verre, en passant par les fours à convection « intelligents » et les nouveaux matériaux – reflète la manière dont une époque perçoit la modernité, la vie de famille, le rituel des repas et les modes d’alimentation. La cuisine est devenue le cœur de la maison, le centre de la vie familiale et, finalement, la pièce où l’on investit – et où l’on s’investit – le plus.

Années 1930 et 1940
Parmi les designers réunis dans cette exposition figurent, bien entendu d’illustres inconnus, mais aussi des célébrités des années 1930 et 1940 comme Henry Dreyfuss, Russel Wright ou Lurelle Guild, quelques grands noms du milieu du siècle – de Raymond Loewy à Eva Zeisel –, et des créateurs du dernier quart du siècle comme Massimo et Lella Vignelli, Michael Graves, Frank Gehry, Karim Rashid et Constantin Boym. Leurs créations novatrices, souvent sculpturales sont parfois accompagnées de leurs emballages d’origine, de publicités de l’époque et de livres d’instructions et de recettes dont le graphisme attrayant ou dépassé rappelle l’évolution des goûts chez les consommateurs avertis.

Le modernisme du 18e siècle

Dans les humbles habitations des premiers Européens qui colonisent l’Amérique du Nord à partir du 17e siècle, la cuisine constituait pour la plupart l’unique pièce. Elle était dominée par l’âtre, source de chaleur et de lumière. La cuisson des aliments se faisait sur le feu direct, à la broche ou à l’étouffée dans les braises.

Toutes les activités de la vie s’y déroulaient, sans distinction. On y préparait les aliments, on y mangeait en famille, et on y dormait. Lorsque les maisons deviennent plus grandes et que des pièces s’ajoutent, la cuisine demeure au cœur de l’habitation. Pendant l’hiver, certaines pièces comme le salon et la salle à dîner étaient fermées, la cuisine reprenant son rôle de lieu de rassemblement, d’accueil et d’échange.

Au 19e siècle, le poêle à bois a remplacé l’âtre et les ustensiles de préparation et de cuisson ne subissent presque pas de transformation. Les métaux ancestraux sont toujours présents dans la fabrication de ceux-ci, que ce soit le fer, la fonte de fer, l’acier, le cuivre ou le laiton. Évidemment, l’approvisionnement en eau repose sur la proximité d’un puits malgré l’introduction de la pompe manuelle dans les cuisines. La grande révolution de nos cuisines arrive au 20e siècle avec l’électrification et la distribution de l’eau courante de plus en plus généralisées dans les maisons et les appartements des villes. C’est alors que les ingénieurs et les industriels mettent en commun leurs compétences et leurs efforts pour  inventer des ustensiles qui vont soulager les ménagères des efforts physiques qu’elles devaient déployer jusqu’alors
dans la préparation manuelle des repas. Les designers, fidèles à leur rôle, contribuent à cette transformation en développant une approche esthétique pour les objets utilitaires mais aussi dans la conception d’un espace fonctionnel adapté.

L’AVÈNEMENT DE L’ÉLECTROMÉNAGER

Dans les années 1930, la cuisine se modernise et devient symbole de statut social. La cuisine d’antan remplie d’ustensiles manuels variés, devient un espace homogène équipé de plans de travail intégrés, de meubles modulaires standardisés et d’appareils électriques performants. « L’avènement de l’électroménager » rappelle les principes minimalistes qui régissent alors l’aménagement d’une cuisine, principes diffusés notamment par l’exposition Machine Art, organisée en 1934 par le Museum of Modern Art (MoMA) de New York.

Pour Alfred H. Barr, Jr, directeur du MoMA de l’époque « la beauté du “Machine Art“ tient en partie à la beauté abstraite de ces lignes droites et de ces courbes transformées en surfaces et solides tangibles, l’aide d’outils et de tours, de règles et d’équerres». De nombreux objets figurant dans cette section ont été présentés au MoMA en 1934 ; ils trouvaient place dans des présentoirs « rationalisés » inspirés des principes de Frederick W. Taylor, promoteur de l’organisation scientifique du travail. Adaptant ces principes à la cuisine, Christine Frederick diffuse la notion de « cuisine bien conçue » en exploitant l’intérêt porté dans les années 1890-1910 à l’efficacité domestique. Ses idées seront reprises par les designers allemands et autrichiens. Dans les années 1920, ils donnent corps à ses schémas limitant les déplacements inutiles et les associent aux formes épurées qui caractérisent l’époque du « machine art ».

LE STYLE AÉRODYNAMIQUE

À partir des années 1930, les lignes aérodynamiques dessinent de plus en plus les appareils de cuisine. Les principes du « Streamline » – des lignes qui unifient les formes et adoucissent les surfaces pour réduire au minimum la résistance à l’air et à l’eau – sont appliqués aux produits industriels, qu’ils soient mobiles ou statiques, des locomotives aux grille-pains. En effet, la vitesse des trains et des avions est la grande métaphore de la modernité américaine de cette époque.

La cuisine intégrée et rationalisée n’échappe pas au mouvement esthétique aérodynamique : il suffit d’arrondir les angles, d’opter pour des poignées allongées et d’ajouter les bandes horizontales, ces traits de vitesse caractéristiques
du « Streamline ». S’adressant à la ménagère en tant que femme de goût et mère de famille, un auteur de l’époque prétend que « les meubles aux angles arrondis créent un effet aérodynamique et présentent moins de risques de blessure ».

Évoquant les grands transatlantiques ou les observatoires des aéroports, ces décors bien ordonnés accueillent la pléthore d’appareils ménagers inventés ou perfectionnés par les industriels américains dans les années 1930 pour relancer la consommation après la grande crise économique. Cet effort porte ses fruits : le grand public apprécie et
l’adopte avec enthousiasme. La beauté luisante et brillante de ces appareils s’exprime dans des matériaux modernes comme l’aluminium et l’acier chromé, deux matériaux qui ont l’avantage supplémentaire d’être légers et faciles d’entretien.

LE « BON DESIGN »

Vers le milieu du 20e siècle, la cuisine se place au centre de la vie familiale. Suite à certaines expositions organisées par le MoMA (par exemple Useful Objects et Good Design) et d’autres musées, plusieurs appareils ménagers sont considérés comme des incontournables dans « une cuisine bien conçue ». La frénésie consommatrice qui suit la Seconde Guerre mondiale, ces objets opèrent, selon Edgar Kaufmann Jr., directeur du département de Design au MoMA, « une fusion complète de la forme et de la fonction, qui révèle une beauté pratique, simple et sensible ».

À la fin des années 1940 et dans les années 1950, la cuisine-laboratoire entièrement blanche des années de la Grande Dépression cède la place à des décors et à des appareils dans des tons coordonnés de rose bonbon et de fougère, ou de vert avocat et de jaune paille. La fin du rationnement sur la viande et sur les métaux permet des repas plus variés, préparés dans des ustensiles spécialisés comme les friteuses, les autocuiseurs ou les grils électriques.

Les designers tirent parti des nouveaux matériaux mis au point durant la guerre, comme le verre trempé et les  plastiques. Des noms de marque comme « Pyrex » ou « Tupperware » font leur apparition et deviennent synonymes de plats allant au four et de boîtes de conservation étanches. Les appareils ménagers dits « labor-saving » (économiseur de main-d’œuvre) remplacent le personnel domestique pendant que des émissions de télévision américaine comme « Ozzie and Harriet » ou « Lucy and Desi » contribuent à construire une dimension affective et amusante dans la cuisine des classes moyennes, l’action dramatique ayant cours presque totalement dans cette pièce.

LA CUISINE AUJOURD’HUI

La « Cuisine aujourd’hui » couvre la période comprise entre les années 1970 et aujourd’hui. Les plats congelés ou commandés et le grignotage remplacent graduellement le dîner familial. Les ménages, disposant généralement de deux revenus, encouragent l’offre de cuisines plus opulentes et d’appareils toujours plus sophistiqués. Le raffinement culinaire que l’on observe depuis la fin des années 1970 conduit à s’équiper de cuisinières professionnelles, de réfrigérateurs sub-zéro et de cellier thermo électriques. Les plans de travail en granite et les planches à découper intégrées permettent de préparer la viande ou les légumes et de confectionner des gâteaux en véritable expert. Dans les maisons de la classe moyenne, rares sont les cuisines qui n’ont pas un four à micro-ondes, une poêle en Teflon, un purificateur d’eau ou un îlot central de cuisson équipé de tabourets.

Le commerce de grande distribution met le design à la portée de tous dans. Certains architectes ou designers deviennent même des « noms de marque », ouvrent parfois des boutiques spécialisées à l’intention des citadins fins gastronomes. Les nouveaux plastiques résistent à la chaleur, facilitant d’autant leur emploi, et les revêtements synthétiques souples sur des meubles ergonomiques rendent le travail plus aisé pour les personnes âgées ou handicapées. La « domotique » gagne la cuisine et permet de commander certains appareils à distance ; les cuisines « vertes » utilisent l’énergie solaire et prévoient des bacs de tri pour les bouteilles et autres objets recyclables. Dans la vente d’une maison, la cuisine est sans doute la pièce qui, plus que toute autre, fait la différence.

CONCLUSION

Depuis trois quarts de siècle, la conception des cuisines témoigne des progrès technologiques réalisés dans le domaine des matériaux et dans les modes de préparation et de conservation des aliments, et elle reflète l’évolution des styles de vie dans les classes moyennes et supérieures. L’agencement de l’espace et la conception des appareils adoptent les métaphores du progrès, que l’on a associé successivement à des idées de mécanisation, de vitesse, de prolifération des biens de consommation et, enfin, de consommation « responsable ».

De ce point de vue, la nostalgie est un phénomène relativement récent, mais certains designers célèbres élaborent déjà des styles « rétro » qui rappellent le modernisme des années 1930 ou 1950 : Michael Graves fait allusion à Russel Wright, Constantin Boym cite les fonctionnalistes allemands. Aujourd’hui, le design est à la portée du plus grand nombre et, chez les architectes d’intérieur, l’aménagement de la cuisine devient une spécialité à part entière. Cependant, au-delà de ces évolutions, les critères d’efficacité et de fonctionnalité restent d’actualité, et, tout comme dans les années 1930, les choix du propriétaire expriment clairement l’idée qu’il se fait d’une cuisine « bien conçue ».

Source :  Musée Stewart
20, chemin du Tour-de-l’Isle, Parc Jean-Drapeau

Droits d’entrée :
Adulte – 13 $
Aîné (55 ans et plus) – 10 $
Étudiant (7 à 25 ans) – 10 $
Enfant (6 ans et moins) – gratuit
Famille – 26 $

Ouvert du mercredi au dimanche de 11 h à 17 h
Renseignements généraux : 514 861-6701
Réservation de groupes : 514 861-6701, poste 233

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Patios – Projets étape par étape

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Collection : Guide Réno
Éditeur : Broquet

Ce nouveau guide RENO à couverture souple et littéralement rempli de photos et illustrations couleurs, de techniques, de conseils discute des aspects importants dans la planification, le plan, le choix des matériaux et toutes les étapes de l’installation d’un patio attenant à la maison.

Des instructions, étape par étape, claires et concises
« Fabriquez-vous des chevalets d’implantation à partir des pièces de dimension 1 x 4. Taillez les extrémités en pointes de manière à pouvoir enfoncer les planches dans le sol. » (p. 30, vignette, photo 1 sur 4, Déterminer l’emplacement)

Des conseils pour vous aider à épargner temps, effort et argent
« Les tire-fonds sont des vis à tige épaisse et au filetage brut munis d’une tête compatible avec les clés à cliquet à douille. Assurez-vous de toujours insérer une rondelle pour éviter que la tête du tire-fond ne se noie dans le bois et que son pouvoir d’emprise ne diminue. » (p. 46, La charpente de votre patio, Les fixations de patio)

Construire en toute sécurité
Les premiers chapitres traitent de l’équipement, des outils qui ne sont pas si nombreux pour construire un patio et que la plupart des gens avec un peu de connaissances en ébénisterie peuvent réussir en suivant les instructions et les étapes.

Plusieurs modèles inclus
Des modèles plats au grands styles élaborés avec escaliers, bancs, de formes différentes sont inclus pour vous donner des idées.

Voir la fiche du livre publié chez Broquet.

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ROMAN : RETRAITES À BEDFORD

Retraites à Bedford
Auteur :
Jean Louis Fleury
Guy Saint-Jean Éditeur

Un nouveau polar fascinant de  Jean Louis Fleury, bouillonnant de verve, stupéfiant de sa construction déroutante.

Avec Retraites à Bedford, nous nous trouvons cette fois dans la région de Dunham dans les Cantons de l’Est. Une maison où habitent 5-6 retraités de la scène. 5-6 hommes qui sont artistiquement complémentaires et qui s’entendent bien. Et puis un jour décède l’un d’eux, qui est aussi propriétaire de la maison mais oh bonheur, l’héritière ne changera rien sauf qu’il faudra trouver quelqu’un pour la chambre laissée vide qui sera occupée par un ex-policier, un ex-chef des stupéfiants pris la main dans le sac à grassement arrondir ses fins de mois et dont la présence est pratiquement un secret d’État après ses 14 ans de prison en raison des anciens ennemis qui voudraient bien lui faire causette.

Sauf que parmi ces anciens artistes, l’ex-flic détonne. Et le personnage principal, 76 ans, écrivain ayant vécu de sa plume au nom des autres, s’en donne à coeur joie pour décrire les autres résidents de la maison, parler de lui, des employés, des environs, de ses occupations, ses allées et venues, ses ballades à vélo, sa richesse en avoirs mais également l’admirable richesse intellectuelle et physique de sa personne.

Et puis, un jour l’ex-flic disparaît, et débute l’enquête avec une enquêtrice qui le pousse au pied du mur avec ses méthodes discutables.

Il est captivant, ce polar, et le ton général de l’écriture est moqueur et parfois un peu jusqu’à désabusé-autant-en-rire. On ne s’ennuie pas dans ce roman policier qui se passe chez les retraités et qui nous fait revivre l’année 2010, avec ses crises et événements :  H1N1, le pape, le gouvernement, les soldats canadiens en Afghanistan, Bastarache, les Mohawks, les autres, les femmes… Le plumitif n’a pas son pareil pour affubler les pensionnaires et employés des Talents d’Antan des surnoms les plus pittoresques et pour commenter l’actualité de sa plume aussi vive que pointue.
L’AUTEUR
Journaliste, historien, cadre en communication et relations internationales à la retraite, Jean Louis Fleury est aussi l’auteur des Marionnettistes, une série policière en trois tomes.

EXTRAITS

« Quand tu veux publier dans ce pays et que tu n’es pas Juif et Anglo pour provoquer l’intellectuel d’en face, pas noir venu des Antilles avec des souvenirs pleins de bananes plantains et de zombies, ou homo du Plateau avec des histoires remplies de travelos et de matantes obèses, eh bien bonne chance pour gagner ta vie avec tes torchis ! » (p. 19)

« Je ne suis pas jaloux, trop vieux de la tronche et trop mou de la branche pour ça. » (p. 33)

« C’est que cet homme-là, un teigneux, un bagarreur, est d’une sensibilité à fleur de nerfs. » (p. 46)

« Eh bien,  ça continue ! Le Québec est en état d’incubation “d’écoeurantite” galopante. Tous les jours, des scandales sortent dans le milieu de la construction. Les maires rénovent leur résidence aux frais des contribuables, les argentiers des partis en poste font la loi dans les mairies et les ministères et se muent en chasseurs de têtes, les amis des amis ont les jobs payantes et les gros contrats. » (p. 72)

« Des requins s’entredéchirent sous l’oeil de grenouille étonnée du bon commissaire. » (p. 84)


Accéder à la fiche du livre

Du même auteur : Les Marionnettistes

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