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Un léger désir de rouge

Auteure Hélène Lépine, Les éditions du Septentrion, collection Hamac

Un léger désir de rouge
Auteure : Hélène Lépine
Les éditions du Septentrion, collection Hamac
Québec

Premier roman de l’auteure avec un personnage principal de toute évidence né de parents citoyens du monde, Un léger désir de rouge laisse se raconter une femme, Toulouse, qui à vingt-huit ans combat un cancer. Elle vient de subir l’ablation d’un sein. Elle qui a un corps d’acrobate, solide et souple. Elle qui a simultanément perdu l’amour de sa vie, son partenaire trapéziste. Elle qui ne peut plus travailler dans ce métier trop physique.

Paroles lyriques du repli sur soi
C’est l’histoire du repli d’une femme qui a perdu une partie de sa féminité et en même temps toutes ses passions.

Elle décide de rentrer à la maison, oui mais la maison c’est où en fait quand la fratrie s’appelle Paris, Oslo, Delhi, Coaticook et Louvaine, cette dernier adoptée, à qui la maison a été confiée ce qui irrite l’aîné qui se sent privé de ses droits « Sans nous, les parents l’auraient entendu, écouté » (p. 22) ?

Recherche à l’intérieur de soi
Alors que le paraître disparaît, Toulouse cherche sa force dans ses souvenirs et dans les souvenirs de ses rêves, y compris le fleuve Casamance et sa région. Et Moumbala, personnage qui lui est resté d’un rêve, à qui elle s’adresse dans toutes ses pensées depuis que tout le monde qu’elle avait choisi s’est éclipsé.

Elle s’évade dans ce monologue jusqu’en Afrique, berceau du monde.

Force et résilience
Dans ce roman, Toulouse est absorbée par cette tristesse mais elle trouve en elle la force de vivre ; en cela, elle nous ramène en pensée la résilience de ces femmes courageuses qui malgré les traitements se rendent une ou deux fois la semaine aux pratiques d’un sport d’équipe tel que le bateau-dragon, ou d’une chorale, les unes participant aux courses locales ou internationales, les autres présentant un concert à Noël… toutes affirmant le bienfait de ces activités.

L’AUTEURE
Hélène Lépine a étudié la littérature comparée et le russe. Elle a vécu en Bulgarie, à Moscou, puis à Saint-Domingue où elle a enseigné le français et l’anglais. Par la suite, elle a été professeure d’espagnol et de lettres au Collège Brébeuf à Montréal, sa ville natale. Un léger désir de rouge est sa quatrième publication.

EXTRAITS

« J’ai quitté les airs, si rassurants pour une trapéziste. J’apprends la marche en emboîtant le pas à Coaticook. Je dois pouvoir fouler le sol si je veux reprendre la route. » (p. 19)

« Demain, je me rendrai dans la ville superbe. Je retournerai à l’hôpital pour les traitements de chimio. Je reverrai la salle drabe et les arbres de métal où sont suspendus les sacs de potion agressive qu’on m’injectera dans les veines. Je retournerai mes pareilles, les atteintes, des femmes plus âgées, des jeunes aussi, et je fermerai les yeux sur mes paysages sans joie. Moumbala, parle-moi du rose mauve sur les eaux du Casamance à l’heure du couchant. » (p. 21)

« Je n’ai rien dit à Louvaine de cette sortie, je ne dis rien à Louvaine de Coaticook, de moi. Elle ne me dit rien d’elle pas plus qu’Oslo ou mes frères. Je ne cherche pas à savoir. Des murs érigés depuis l’enfance nous séparent. » (p. 27)

« Le colvert a pris son envol, sans hâte, le corps et les ailes légèrement inclinés, confiés au vent. Coaticook ne s’est pas troublé. Sur le terrain de la maison normande, c’est moi le phare à présent, a-t-il dit à voix basse. Aussitôt il a hésité.
« Suis-je le phare ou rien que le gardien du phare ? » (p. 33)
Accéder directement à la fiche du livre sur le site Internet de l’éditeur :
hamac.qc.ca/collection-hamac/leger-desir-rouge-3278.html


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ALEXANDRA : dépaysement et Chants Libres

ALEXANDRA
Chants Libres
Un road opéra sur l’incroyable expédition au Tibet 
d’Alexandra David-Néel, la femme aux semelles de vent

C’est à un dépaysement au Tibet, en chant lyrique (et quelques chants de gorge) et en musique avec les percussions diverses y compris les gongs et xylophone ainsi que violon plus les musiciens qu’on ne voit pas, les instruments à vent et le violoncelle.

C’est l’histoire d’une femme aventurière qui est personnifiée sur scène par Jessica Wise et de celle qui aujourd’hui vieille qu’elle personnifie, jouée par Pauline Vaillancourt, narratrice et soprano.

Alexandra David-Néel ne voulait pas suivre l’exemple de ses parents, deux êtres n’ayant rien en commun, ni de l’esprit ni du coeur. Elle voulait atteindre des sommets, fouler le sol de ce pays interdit qu’elle rejoindra malgré les obstacles et les refus aux frontières.

Un bel exemple de détermination féminine, ces modèles féminins sont rares et rarement chantés et encore plus rarement célébrés. Un grand spectacle musical et théâtral, un opéra contemporain dépaysant de 50 minutes sans entracte.

Allez, messieurs, un petit effort… Cette femme est accompagnée de plusieurs hommes qui sont nécessaires au succès de son entreprise même s’ils n’ont pas le tout premier rôle… Un petit effort pour les milliers et millions d’autres fois où vous occupez toutes les premières places et ne laissez à vos compagnes que des miettes de gloire et de bonheur pour leurs accomplissements et leur travail aussi incessant que méconnu, selon vos ordres et votre immuable ordre des êtres.

ALEXANDRA, à voir présentement à Montréal, jusqu’au 19 mai.

ALEXANDRA est annoncé au calendrier des concerts/opéras et au calendrier intergénérationnel.


Chants Libres : ALEXANDRA

ALEXANDRA
14e création lyrique de Chants Libres
Un road opéra sur l’incroyable expédition au Tibet
d’Alexandra David-Néel, la femme aux semelles de vent.

Zack Settel, musique | Yan Muckle, livret
Pauline Vaillancourt, conception et mise en scène

15, 16, 17, 18 et 19 mai 2012, 20 h | Usine C, Montréal
1345, avenue Lalonde, Montréal [métro Beaudry]

35$ (Régulier) • 30$ (Aîné)  • 25$ (Étudiant)
Billetterie USINE C : 514-521-4493 | Achat en ligne via le réseau Admission.com
www.chantslibres.org   | www.facebook.com/chantslibres


ALEXANDRA  14e création lyrique de Chants Libres Un road opéra sur l’incroyable expédition au Tibet  d’Alexandra David-Néel, la femme aux semelles de vent.

ALEXANDRA
Jessica Wise (Alexandra)
Pauline Vaillancourt, narratrice
Photo Mathieu Dupuis

Après nous avoir offert en mai 2011, Arias, un grand spectacle rétrospective qui soulignait les 20 ans de Chants Libres, la compagnie lyrique de création présente son 14e opéra, Alexandra.

Ce road opéra, chanté en français, s’inspire du destin hors du commun de l’exploratrice française Alexandra David-Néel qui a parcouru les plus hauts sommets du monde dans des conditions extrêmes. Ayant vécu cent un ans (1868-1969), elle fut tour à tour, cantatrice, journaliste, féministe, bouddhiste, écrivain, philosophe et surtout exploratrice.

Alexandra retrace l’expédition à la fois dangereuse et clandestine que l’exploratrice a effectuée en 1924 sur la terre du Tibet jusqu’à Lhassa, capitale interdite, en compagnie du jeune lama Aphur Yongden, dont elle fit par la suite son fils adoptif. Après un périple de plus de 3 000 kilomètres à travers l’Himalaya, elle fut la première femme occidentale à séjourner dans la ville sainte.

« L’épopée d’Alexandra offre une leçon de courage, de curiosité et de persévérance. Elle n’a jamais démenti sa devise : Marche où ton cœur te mène et selon le regard de tes yeux. Elle a voulu aller au bout de sa vérité, toujours plus loin, se dépassant sans cesse elle-même… C’est cette exploration clandestine et dangereuse au Tibet qui est au cœur de notre opéra. » — Pauline Vaillancourt, direction artistique et mise en scène.

Le personnage d’Alexandra est incarné par la soprano Jessica Wise, le rôle de la narratrice par la soprano Pauline Vaillancourt et celui de son fils adoptif, Aphur Yongden, par le ténor François-Olivier Jean.

Le chœur de cinq voix masculines est composé des barytons-basses, John GiffenPatrick Mallette  et Philippe Martel, et des basses Steeve Vérayie et François Dubé, tour à tour moines, nomades, soldats,  paysans.

Six musiciens de l’Ensemble In Extensio — Barah Héon-Morissette et Olivier Maranda, percussions; Louise Campbell, clarinette; David Jomphe, hautbois; Angelo Munoz, trombone; Andrea Stewart, violoncelle; sous la direction de Cristian Gort, accompagnent sur scène les chanteurs.

L’artiste visuelle Jocelyne Alloucherie a conçu la scénographie; Jean Décarie et Catherine Parent la vidéographie, inspirée du matériel visuel rapporté du Tibet en 2010 par Yan Muckle et Pauline Vaillancourt. Les éclairages sont de Nicolas Descoteaux, la conception des costumes de Marianne Thériault et les maquillages de Jacques-Lee Pelletier.

Alexandra David-Néel, une femme d’exception
Née à Paris, Saint Mandé, le 24 octobre 1868, Alexandra David-Néel est décédée à Digne le 8 septembre 1969.

Féministe, menant une vie libre, Alexandra David-Néel fait des études musicales et devient cantatrice. Elle fait des tournées dans le monde entier en interprétant divers rôles : entre autres, Marguerite de Faust, Manon de Massenet et Carmen de Bizet. Après avoir abandonné la carrière lyrique elle effectue, pendant un an, un premier voyage en Inde en 1890. En 1904, à l’âge de 36 ans, Alexandra marie à Tunis un ingénieur, Philippe Néel. En 1911 elle repart seule en Inde et parcourt, jusqu’en 1925, des milliers de kilomètres en Extrême-Orient et en Asie centrale, perfectionnant sa connaissance du sanskrit, du tibétain et du bouddhisme tantrique et effectuant des retraites dans les nombreux monastères.

Elle rencontre en 1914 le jeune moine Aphur Yongden qu’elle adopte par la suite. Ils se retirent respectivement dans une caverne d’ermitage au Nord du Sikkim à 3 900 mètres d’altitude, puis, trois ans plus tard, partent pour l’Inde, le Japon, la Corée, la Chine, le Gobi et la Mongolie.

Ils franchissent enfin avec succès, la frontière du Tibet. En 1924, après bien des péripéties et avoir emprunté des chemins inexplorés, Alexandra, vêtue d’une robe de mendiante et Yongden de son habit de moine, arrivent épuisés à Lhassa, la cité interdite.

À 78 ans, après avoir parcouru l’Asie de long en large, Alexandra rentre en France, se sépare de son mari, parcourt la Provence et s’installe en 1928 à Digne où elle consacre son temps à l’étude du bouddhisme, à l’écriture et à la traduction. Celle que l’on surnommait  » La femme aux semelles de vents  » laisse derrière elle une trentaine d’ouvrages dont ses nombreux récits de voyages et ses livres philosophiques et historiques.

Femme d’action et d’écriture, elle s’éteint à 101 ans, après avoir ouvert l’Occident au cœur des philosophies bouddhistes et hindouistes.

Quelques publications d’Alexandra David-Néel :

  • Voyage d’une Parisienne à Lhassa : à pied et en mendiant de la Chine à l’Inde à travers le Tibet, Paris, 1967, rééd. 2004.
  • Journal de voyage : Lettres à son mari11 août 1904 – 27 décembre 1917. Vol. 1, Plon, Paris, 1975
  • Journal de voyage : Lettres à son mari14 janvier 1918 – 31 décembre 1940. Vol. 2, Plon, Paris, 1976
  • Voyages et aventures de l’esprit, Albin Michel, Paris, 1994. Choix de textes recueillis et présentés par Marc de Smedt et Marie Madeleine Peyronnet.


Quelques publications à propos d’Alexandra David-Néel :

  • Voyages et aventures de l’esprit, Albin Michel, Paris, 1994. Choix de textes recueillis et présentés par Marc de Smedt et Marie Madeleine Peyronnet.
  • Le Lumineux destin d’Alexandra David-Néel. Biographie de Jean Chalon, Première édition Perrin, 1986


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