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THÉRÈSE DESQUEYROUX

Le Cinéma Impérial était plein ce soir pour la présentation à CINÉMANIA de ce classique, dernier film du regretté Claude Miller.

Thérèse Desqueyroux est fille de propriétaire terrien qui épouse par sens des affaires son voisin immédiat afin qu’ensemble ils détiennent des milliers d’acres de pins. Les événements importants de cette fiction se situent en France dans la région de Bordeaux entre les années 1928 et 1930. Avant son mariage, elle pensait que sa tête cesserait d’être remplie d’idées mais voilà que son mari a des faiblesses cardiaques et se fait prescrire quelques gouttes d’arsenic à boire tous les jours dans un grand verre d’eau et que le devoir conjugal ne l’intéressant pas, elle décide d’en rajouter.

Annie Miller et Natalie Carter, épouse du regretté Claude Miller et scénariste du film Thérèse Desqueyroux

Annie Miller et Natalie Carter,
épouse du regretté Claude Miller
et scénariste du film
Thérèse Desqueyroux

Si le réalisateur ne souhaite pas selon sa femme et la scénariste du film, ANNIE MILLER et NATALIE CARTER, inclure de message dans ses films, il reprend dans Thérèse Desqueyroux le thème de l’oppression qu’il avait déjà abordé dans L’Effrontée, film que l’on a pu revoir au Festival dans le cadre de l’hommage qu’on lui rend. Mais alors que l’effrontée était une jeune adolescente de famille pauvre voulant se sortir de la misère, Thérèse Desqueyroux est une femme riche et froide. Elles ont donc des vies diamétralement opposées mais la question qu’il faut se poser est la suivante : est-ce qu’aujourd’hui, François Mauriac qui a écrit cette histoire que Claude Miller pousse plus loin à notre époque où il est davantage possible de discuter ouvertement de certaines choses, est-ce qu’aujourd’hui donc on n’assiste pas à un retour encore plus fort de ce repli et de la protection à l’intérieur du clan ou de la communauté chez les bourgeois qui se connaissent ? Personnellement, je suis persuadée que oui. Je le sais pour l’avoir vécu et pour constater trop souvent l’exclusion organisée et planifiée et pour avoir vu des individus se faire mentir et manipuler honteusement par leurs proches qui les regardaient souffrir sans montrer le moindre signe de leur jouissance intérieur, au nom du pouvoir ou de l’argent ou des deux. Nous le savons tous à Montréal qui restons scotchés à nos chaises en entendant les témoignages de la Commission Charbonneau. Et si ce n’était que la pointe de l’iceberg ? Si alors que dans Thérèse Desqueyroux on s’organise pour mentir et tous raconter la même histoire au juge… Allez, je vous laisse à votre propres discussions et je retourne au film.

Et alors que c’est elle qui l’a empoisonné, c’est aussi elle qui se fait passer aux yeux de tous pour celle qui le ramasse à la petite cuillère et le soigne sans relâche.

Les interprètes

Audrey Tautou est majestueuse dans tous les excès et sa fausse amitié avec sa belle-soeur, sa jalousie, ses machinations, sa froideur, son propre déclin, sa libération ; elle va au-delà des espérances selon la scénariste. Elle incarne ce personnage comme si elle l’avait tricoté. Elle s’efface fabuleusement dans les clairs-obscurs de sa petite chambre vers la fin du film. Et elle sautille de bonheur lorsqu’elle est enfin libérée de sa prison familiale.

Son partenaire de film, Gilles Lellouche, a su parfaitement intégrer dans son interprétation du mari chef de famille et décideur une certaine bonhommie qui n’était pas dans le livre et qui permet d’aimer cet homme exigeant malgré tout. Il sait démontrer avec finesse l’autoritarisme jusqu’à la fin quand il ne comprend pas qu’elle aimerait elle-même s’occuper de ses affaires puisqu’elle en est parfaitement capable et qu’il balaie ses aspirations du revers de la main en lui disant qu’elle n’aurait à se soucier de rien et qu’il s’occuperait de tout.

L’image
Les scènes sont grandioses, la pinède est magnifique, le bord de l’eau… ; on dirait de l’hyperréalisme tout en douceur.

Le film sera à nouveau présenté samedi matin, à 11h10, au festival CINÉMANIA ; à voir absolument !

THÉRÈSE DESQUEYROUX, dernier film de Claude Miller

THÉRÈSE DESQUEYROUX, dernier film de Claude Miller
avec Audrey Tautou et Gilles Lellouche

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FFM : Quand je serai petit

Un film d’une grande sensibilité avec images lumineuses père-fils qui jouent au cerf-volant sur la plage de Dunkerque… un film qui recevrait peut-être le Prix du Public s’il était en compétition : Regards sur les cinémas du monde – long métrage, France-Belgique.

Jean-Paul Rouve

QUAND JE SERAI PETIT (TWICE UPON A TIME)
Jean-Paul Rouve et Miljan Chatelain

Dans ce film, Mathias (Jean-Paul Rouve) a perdu son père décédé d’un cancer foudroyant alors qu’il n’avait que 10 ans. Sa mère Jacqueline interprétée par Miou-Miou ne lui avait rien dit de cette maladie et il a vécu tout ce temps à regretter de ne pas avoir vu son père une dernière fois, de n’avoir pas eu l’opportunité de lui dire un dernier au-revoir.

Et c’est là le sujet principal du film, le fait d’exprimer ses sentiments, de dire quand il en est encore temps à quelqu’un qu’on l’aime, qu’on l’apprécie avant que la catastrophe ne nous fasse regretter de n’avoir pas agi avec autant de conviction par amour qu’on le ferait pour toute autre chose.

Faire un pas dans la bonne direction quand on est un jeune garçon et qu’une fille nous plaît
Un geste positif qui va dans le même sens et que Jean-Paul Rouve porte ici au cinéma : quand le Mathias adulte de 40 ans décide d’aider le jeune Mathias de 10 ans à conquérir la jeune écolière dont il est secrètement amoureux, il l’aide à lui écrire une courte lettre, il va même jusqu’à la livrer pour lui à la jeune fille et à enquêter auprès de sa propre fille pour savoir comment elle réagirait.

Acteur et réalisateur de cette fiction « qui n’est pas du tout autobiographique » comme il le dit lui-même dans l’entrevue vidéo réalisée au FFM, Jean-Paul Rouve est animé de cette même motivation qui pousse trop souvent à détruire par dépit. Ici, au lieu de se jeter dans la vengeance ou dans la victimisation, la détermination mène à du positif. Les  actes posés ont pour but de recommencer et d’apprendre à corriger là où dans sa propre vie quelque chose a échoué.

Et tout cela se passe de manière très habituelle, tout est infiniment crédible dans ce film qui présente un quotidien que l’on améliore. On y apprend de belles choses, surtout qu’il est important de ne pas passer à côté d’un bel amour partagé – et c’est la même histoire quand on est devenu adulte.

Quand je serai petit nous fait aussi apprécier la futilité des passions soi-disant inutiles mais qui apportent du bonheur, ici représentées par le père qui va s’asseoir pendant des heures aux abords de l’aéroport local pour observer et prendre des photos d’avions en vol.

Jean-Paul Rouve est venu lui-même présenter son film au Festival des Films du Monde de Montréal et rencontré hier après-midi, il avait hâte d’entendre les questions des gens, c’était la première en dehors de la France.

L’espace d’une entrevue, j’ai eu le bonheur de rencontrer l’acteur, réalisateur et co-scénariste de Quand je serai petit, voici ma vidéo :


Vidéo Jacqueline Mallette, ServicesMontreal.com, Montreal157

QUAND JE SERAI PETIT
(TWICE UPON A TIME)

2012 / Couleur / 96 minBelgique – FranceRegards sur les cinémas du monde (longs métrages)

ÉQUIPE PRODUCTION

Réalisation : Jean-Paul Rouve
Scénaristes : Benoît Graffin, Jean-Paul Rouve
Photographie : Christophe Offenstein
Montage : Marie-Julie Maille
Interprètes : Jean-Paul Rouve, Benoît Poelvoorde, Arly Jover, Lisa Martino, Miou-Miou, Claude Brasseur, Xavier Beauvoix, Gilles Lellouche, Miljan Chatelain, Lolita Offenstein
Maison de production : Pauline Dulhault, Elia Films, 11, rue de Nice, 75011 Paris (France), tél.: (+33 01) 45 22 75 15, info@eliafilms.com / Scope Pictures, Bruxelles (Belgique), info@scopeinvest.be

QUAND JE SERAI PETIT (TWICE UPON A TIME)

À l’occasion d’un voyage, Mathias, 40 ans, croise par hasard un enfant qui lui fait étrangement penser à lui au même âge. Profondément troublé, il se lance dans une quête insensée sur les traces du petit garçon, qui risque de bien bouleverser son existence et son équilibre familial. Et si l’on pouvait revivre son enfance, pourrait-on alors changer le cours des événements?

Jean-Paul Rouve

Né à Dunkerque (France) en 1967, Jean-Paul Rouve poursuit une carrière de comédien au théâtre et à la télévision. Au grand écran, on le voit dans plus d’une soixantaine de productions, parmi lesquelles SERIAL LOVER (1998), TANGUY (2001), NOS JOURS HEUREUX (2005), LA MÔME (2006) et LÉGITIME DÉFENSE (2010). On lui doit SANS ARME, NI HAINE, NI VIOLENCE (2008).

Projections au FFM
25 août 2012 • 19h00 • CINÉMA QUARTIER LATIN 16 • L16.25.5 •
26 août 2012 • 15h30 • CINÉMA QUARTIER LATIN 16 • L16.26.3 •
27 août 2012 • 19h00 • CINÉMA IMPÉRIAL • CI.27.5 •
28 août 2012 • 11h20 • CINÉMA QUARTIER LATIN 16 • L16.28.2 •

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Festival des Films du Monde de Montréal

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