Archives de Tag: Claude Miller

DVD Garde à vue

Garde à vue, film de Claude MillerGarde à vue, c’est un film d’acharnement / ténacité / harcèlement / violence policière sur un citoyen qui a l’habitude de promener le chien d’un voisin et qui est questionné, soupçonné sur une histoire sordide de petite fille de 8 ans trouvée égorgée et violée sur un terrain public dans une petite ville de province où à la même heure, toute la ville se trouve au bal de la saint-sylvestre, tout à côté du commissariat de la police.

Le notaire Martinaud, interprété par Michel Serrault est marié dans cette fiction littéraire (John Wainwright, A table !) à la grande Romy Schneider dont le film nous remet magnifiquement en présence au commissariat le soir de la garde à vue et en flashback lors d’une réunion de famille. Les policiers sont joués magistralement par Lino Ventura et Guy Marchand.

CITATIONS / EXTRAITS DES DIALOGUES

« Je ne sais pas pourquoi on vous a dérangé un soir de réveillon, on voulait simplement qualifier quelques points de détails, notamment cette histoire de chien. »

« Je sens qu’on va atteindre des sommets… »

« Ce qui fait le plus de saletés, c’est les serins… »

« En somme dans le quartier, y a que vous qui savez ce que vous dites… »

« Parce que je suis riche, que j’ai une belle maison et que j’ai une jolie femme. »

« Ils ne disent pas qu’il n’y avait pas de chien – ils disent qu’ils ne l’ont pas remarqué. »

« Elles sont tellement ignobles, vos questions, que vous en avez honte ! »

« Permettez-moi de vous dire, messieurs, que vous commencez à ME FAIRE CHIER ! »

« J’ai remarqué que les maniaques sexuels sont habituellement très au-dessus de la moyenne. Sinon où est-ce qu’ils iraient chercher tout ça ! »

« Tu vois, moi je suis pas gros, je suis enveloppé. »

« C’est la nuit des grandes fatigues. »

« Les putes sont des femmes qui vous donnent beaucoup de choses pour relativement peu d’argent. »

« Mon mari est chez vous depuis des heures, Monsieur l’Inspecteur. »

« À moins que ces raisons-là ne s’appellent intuition […] Il lui parlait comme à une femme. »

Le film réalisé par Claude Miller a reçu 8 nominations résultant en 4 récompenses (meilleur scénario, meilleur acteur Michel Serrault, meilleur second rôle masculin Guy Marchand et meilleur montage) aux César ainsi que d’autres prix incluant en 1981 le Grand prix des Amériques au Festival des films du monde de Montréal et le Prix Méliès du meilleur film français selon la critique.

Axia et TVA Films
Claude Miller, L’Effrontée
Claude Miller, Mortelle randonnée

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DVD Mortelle randonnée

Dans ce film, Claude Miller est à l’écoute d’individus en manque de quelqu’un : un père sa fille et une fille son père.

5 nominations aux César, dont meilleur acteur pour Michel Serrault et meilleure actrice dans un second rôle pour Isabelle Adjani.

DVD Mortelle Randonnée

DVD Mortelle Randonnée
5 nominations aux César, dont meilleur acteur pour Michel Serrault et meilleure actrice dans un second rôle pour Isabelle Adjani.

Mortelle randonnée raconte l’histoire d’un détective (Michel Serrault) surnommé L’Oeil à qui une agence dirigée par une femme confie le mandat d’en savoir plus sur une histoire soi-disant d’amour qui implique un fils de famille trop riche et pas assez réfléchi. La jeune femme en question, c’est Isabelle Adjani qui l’interprète, une première personnalité de femme dans ce film sur un total de six dans lesquelles elle s’incarne tour à tour pour tuer et prendre le bien de celui ou celle qu’elle séduit.

« Nous ignorions jusqu’à l’existence de cette jeune personne. »

Oui mais voilà que L’Oeil voit éventuellement en elle la fille qu’il a perdue et se met à vouloir lui venir en aide dans ses ultimes et moribonds desseins. Mais chaque fois qu’on voit l’actrice embrasser quelqu’un, on s’inquiète pour son avenir dans ce film qui se ballade dans les capitales et sur les routes européennes et de châteaux en immense spa luxueux, tourné de manière à rappeler une époque d’avant la libération des frontières entre les pays en Europe.

Il faut savoir que l’acteur principal Michel Serrault a perdu une fille en 1977 et que le coscénariste Michel Audiard a perdu un fils en 1975 ; les deux jeunes adultes sont morts dans des accidents de voiture. Ce n’est possiblement donc pas, à prime abord, l’embryon du mouvement actuel des pères voulant écarter les femmes qui a mis en route ce film mais un roman de Marc Behm, auteur de scénarios et de romans noirs déjantés.

« Finalement, je mourrai dans mon lit, de chagrin, comme tous les pères. »

Parmi les rôles secondaires dans ce film, on retrouve l’actrice Stéphane Audran et Guy Marchand qui assurent quelques diversions divertissantes, elle avec ce maquillage incroyable et lui avec ses pompes jaunes.

« C’est vrai. Vous êtes extraordinairement moche. »

Macha Méril dans le rôle de Caroline (c’était le nom de la fille de Michel Serrault) ainsi que Jean-Claude Brialy dans le rôle de Voragine font également partie de la distribution.

« Alors on t’a fait sortir de ton placard ? Qui suis-tu cette fois ? »
« Lâche-moi ou j’te casse le bras ! »

C’est dans ce film que l’on retrouve cette fameuse scène de l’aveugle (Sami Frey) qui se fait rouler par un serveur au moment de payer dans un restaurant. « C’est répugnant ! », lance la tueuse en série pour qui son histoire avec cet énième millionnaire fera tourner sa chance…

Autres citations tirées des dialogues :

« Mais pourquoi vous me parlez de ma bagnole ? »
« Signe particulier : a tué un homme cette nuit. »
« En avion. Montréal […] First Class. »
« D’après ce que j’ai pu comprendre, la mère de la petite était une pas-grand-chose. »
« Non mais mon chérie, on ne m’a pas toujours appelé L’Oeil. Autrefois, on m’appelait L’Oreille. »
« Elle déteste les filles. Elle se les envoie mais elle les déteste. »
« Faut jamais se séparer des choses auxquelles on tient ! »
« De toute façon, on n’a que des jeunes filles ici. »

Mortelle randonnée est un film vraiment captivant qui ne se révèle pas à un simple visionnement et qui mérite d’être vu et revu. Il est sorti en DVD le 28 mai, en même temps que L’effrontée et Garde à vue dans la collection Axia Films qui regroupe des classiques du cinéma français.

http://www.youtube.com/watch?v=4lVMc1RU700

http://www.youtube.com/watch?v=1WVZ-6XFXWA

TVA Films
120 minutes
Réalisé en 1982

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THÉRÈSE DESQUEYROUX

Le Cinéma Impérial était plein ce soir pour la présentation à CINÉMANIA de ce classique, dernier film du regretté Claude Miller.

Thérèse Desqueyroux est fille de propriétaire terrien qui épouse par sens des affaires son voisin immédiat afin qu’ensemble ils détiennent des milliers d’acres de pins. Les événements importants de cette fiction se situent en France dans la région de Bordeaux entre les années 1928 et 1930. Avant son mariage, elle pensait que sa tête cesserait d’être remplie d’idées mais voilà que son mari a des faiblesses cardiaques et se fait prescrire quelques gouttes d’arsenic à boire tous les jours dans un grand verre d’eau et que le devoir conjugal ne l’intéressant pas, elle décide d’en rajouter.

Annie Miller et Natalie Carter, épouse du regretté Claude Miller et scénariste du film Thérèse Desqueyroux

Annie Miller et Natalie Carter,
épouse du regretté Claude Miller
et scénariste du film
Thérèse Desqueyroux

Si le réalisateur ne souhaite pas selon sa femme et la scénariste du film, ANNIE MILLER et NATALIE CARTER, inclure de message dans ses films, il reprend dans Thérèse Desqueyroux le thème de l’oppression qu’il avait déjà abordé dans L’Effrontée, film que l’on a pu revoir au Festival dans le cadre de l’hommage qu’on lui rend. Mais alors que l’effrontée était une jeune adolescente de famille pauvre voulant se sortir de la misère, Thérèse Desqueyroux est une femme riche et froide. Elles ont donc des vies diamétralement opposées mais la question qu’il faut se poser est la suivante : est-ce qu’aujourd’hui, François Mauriac qui a écrit cette histoire que Claude Miller pousse plus loin à notre époque où il est davantage possible de discuter ouvertement de certaines choses, est-ce qu’aujourd’hui donc on n’assiste pas à un retour encore plus fort de ce repli et de la protection à l’intérieur du clan ou de la communauté chez les bourgeois qui se connaissent ? Personnellement, je suis persuadée que oui. Je le sais pour l’avoir vécu et pour constater trop souvent l’exclusion organisée et planifiée et pour avoir vu des individus se faire mentir et manipuler honteusement par leurs proches qui les regardaient souffrir sans montrer le moindre signe de leur jouissance intérieur, au nom du pouvoir ou de l’argent ou des deux. Nous le savons tous à Montréal qui restons scotchés à nos chaises en entendant les témoignages de la Commission Charbonneau. Et si ce n’était que la pointe de l’iceberg ? Si alors que dans Thérèse Desqueyroux on s’organise pour mentir et tous raconter la même histoire au juge… Allez, je vous laisse à votre propres discussions et je retourne au film.

Et alors que c’est elle qui l’a empoisonné, c’est aussi elle qui se fait passer aux yeux de tous pour celle qui le ramasse à la petite cuillère et le soigne sans relâche.

Les interprètes

Audrey Tautou est majestueuse dans tous les excès et sa fausse amitié avec sa belle-soeur, sa jalousie, ses machinations, sa froideur, son propre déclin, sa libération ; elle va au-delà des espérances selon la scénariste. Elle incarne ce personnage comme si elle l’avait tricoté. Elle s’efface fabuleusement dans les clairs-obscurs de sa petite chambre vers la fin du film. Et elle sautille de bonheur lorsqu’elle est enfin libérée de sa prison familiale.

Son partenaire de film, Gilles Lellouche, a su parfaitement intégrer dans son interprétation du mari chef de famille et décideur une certaine bonhommie qui n’était pas dans le livre et qui permet d’aimer cet homme exigeant malgré tout. Il sait démontrer avec finesse l’autoritarisme jusqu’à la fin quand il ne comprend pas qu’elle aimerait elle-même s’occuper de ses affaires puisqu’elle en est parfaitement capable et qu’il balaie ses aspirations du revers de la main en lui disant qu’elle n’aurait à se soucier de rien et qu’il s’occuperait de tout.

L’image
Les scènes sont grandioses, la pinède est magnifique, le bord de l’eau… ; on dirait de l’hyperréalisme tout en douceur.

Le film sera à nouveau présenté samedi matin, à 11h10, au festival CINÉMANIA ; à voir absolument !

THÉRÈSE DESQUEYROUX, dernier film de Claude Miller

THÉRÈSE DESQUEYROUX, dernier film de Claude Miller
avec Audrey Tautou et Gilles Lellouche