Archives de Catégorie: critiques – cinéma

FFM : TREE MAN

Touchant et humain, ovationné au Festival des films du monde de Montréal, le joyeux documentaire TREE MAN raconte en images de chaleur et de neige l’histoire de ces vendeurs et vendeuses de sapins de Noël dans les rues de New York à travers le personnage de François, québécois pur souche, qui doit quitter sa propre famille et laisser sa femme et leurs trois jeunes enfants à la maison pendant plus d’un mois pour ne revenir à Montréal que pour la fête mais sans jamais participer à la joie et aux rêves de décorer leur arbre à eux.

Le film se ballade de quartiers en quartiers pour rencontrer les autres robustes qui font ce métier, hommes, femmes, jeunes qui prennent la relève, les jeunes dont s’occupe François qui autrement n’auraient pas le soutien d’un personnage masculin moralement solide dans leur vie et qui parcourent les rues et le métro avec sapin sur le dos pour en faire la livraison chez les clients et clientes.

Dans ce souriant documentaire, tous et toutes autant catholiques qu’athées que juifs (le film montre des scènes et des chants de la fête juive Hanuka qui se célèbre à peu près à la même période de l’année) sont d’accord pour affirmer que la fête de Noël et la neige sur Broadway, c’est vraiment très très agréable.

J’ai eu le plaisir de rencontrer le réalisateur et producteur Jon Reiner ainsi que François le « Tree Man » au Festival des films du monde de Montréal et d’y tourner une entrevue vidéo, en français avec François et en anglais avec Jon Reiner.

http://montreal157.blogspot.ca/2015/08/ffm-entrevue-tree-man.html
https://www.youtube.com/watch?v=IF66w_3UoxE


FFM : WILDLIKE

En direct du Festival des films du monde, WILKLIKE est un film pour ceux et celles qui aiment les grands espaces avec hautes montagnes et vastes vallées, pour amateurs et amatrices de longues randos, pour ados et jeunes qui prennent de l’âge et qui ont le coeur possiblement chamboulé mais à la bonne place, pour amateurs de cerfs-volants et de rivières aux eaux vives et sauvages.

C’est un film sublime qui raconte l’histoire d’une jeune adolescente en visite chez son oncle en Alaska et qui se sauve, sans savoir vers quoi ou vers qui mais qui doit partir de là. Une jeune d’aujourd’hui qui a appris la vie en function des normes hypersexualisées d’aujourd’hui mais qui avec un peu de chance fera des rencontres salvatrices. Une belle aventure dans des paysages magnifiques.

Coup de coeur : la rencontre avec l’ours !!!

Un film à voir ce soir ou demain matin au FFM.

http://montreal157.blogspot.ca/2015/08/ffm-wildlike.html


FFM : Muhammad

De tous les temps, c’est seulement le deuxième film sur le sujet et il fait polémiques.

Muhammad raconte la religion d’amour et de compassion qu’est le véritable Islam à travers le prophète MAHOMET sur qui on n’a que très peu d’information tout particulièrement sur l’enfance et la jeunesse étant donné qu’il est interdit de le représenter donc les érudits et les historiens consultés pour le scénario qui a pris 4 ans ont dû se contenter des poèmes. Aux quatre années s’en ajoutent trois ans de tournage et montage.

Le réalisateur vient d’Iran où la moitié du budget (40M$) du film a servi à mettre sur pied une cité du cinéma qui devra servir pendant 30 ans.

Le film est à grand déploiement, c’est le moins qu’on puisse dire. C’est d’ailleurs le plus grand film jamais produit en Iran. Les images sont magnifiques, tournées dans le désert avec des miracles, des gestes du coeur, des trahisons, une violente vente d’esclaves, des cavaliers à cheval, des cornacs à dos de chameau, des batailles épiques à l’épée et des tirs à l’arc par des individus embusqués… Des personnages du film sont de religions chrétienne, juive et musulmane.

Sur les films portant sur la religion, il est difficile de parler de propagande étant donné que c’est seulement le deuxième film sur la religion musulmane (le premier date de 1976 et l’américano-syrien qui l’a réalisé en a fait deux versions) alors qu’il y en a eu des centaines sur les religions judéo-chrétiennes et 42 films sur Buddha.

On ne voit pas le visage de Mahomet dans le film mais on le voit, de dos ou couvert d’un foulard, apposer ses mains pour guérir et se tenir debout pour amener un banc de poisson afin de nourrir des pauvres. On le voit aussi offrir des paroles de bonheur au père d’une petite fille. Oui, nos religions proviennent de la même région.

C’est certainement un film à voir, c’est le grand film d’ouverture que le Festival des films du monde 2015 présente en première mondiale. Il sera au programme également demain vendredi après-midi au Quartier Latin. Le film ayant suscité un très grand intérêt journalistique et a déjà, deux heures plus tard, été très bien reçu dans son pays d’origine, on pourrait possiblement espérer une ou des supplémentaires.


FFM : En voie de construction

Film bengale présenté au FFM sous la rubrique Regards sur les cinémas du monde, UNDER CONSTRUCTION présente un personnage féminin qui joue sur scène un rôle de femme rêveuse et à la maison, épouse d’un homme qui s’il ne la bat pas physiquement passe son temps à la rabattre et à critiquer négativement tout ce qu’elle fait.

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Elle est « en voie de construction » alors qu’elle est remplacée sur scène par une jeune et que son mari, qui ne la bat pas physiquement, moralement n’en rate pas une.

Alors en voyant cet homme qui est considéré comme un bon mari parce qu’il ne la bat pas physiquement lui reprocher que les fleurs dans le vase brisent l’harmonie de la pièce, que la viande du souper qu’elle a préparé uniquement pour lui aurait pu être plus tendre, qu’elle manquait de présence à tel endroit dans sa dernière représentation alors qu’elle donne son tout puisque elle sera remplacée dès le lendemain par une toute jeune femme, on se demande comment ne pas être indéfiniment en construction et en reconstruction quand on se fait constamment briser son estime de soi, quand on est jetée alors qu’on a cumulé des heures et des mois et des années de travail et acquis l’expérience parce que les hommes qui décident et sont fabuleusement bien organisés entre eux ne tolèrent pas l’excellence chez les femmes et craignent de se voir dépassés alors qu’ils veulent à tout prix briller et passer pour les meilleurs. C’est à  croire qu’ils sont prêts à tout pour empêcher meilleures qu’eux de s’épanouir, au détriment de tout, alors qu’ils parviendraient à de meilleurs résultats par la non-violence.

La langue française n’est certainement pas mieux : pour parler des humains et de l’humanité il est de coutume et de collusion masculiniste dictée par les hommes de parler de l’«Homme».

Montréal n’est pas mieux non plus…

Est-ce que ceux qui passent leur temps à détruire les autres se rendent compte qu’ils seraient plus heureux eux-mêmes s’ils adoptaient la vraie tolérance au lieu d’avoir peur du changement en faveur d’une réelle émancipation et liberté des femmes, tout particulièrement si eux aussi subissent des revers ? Ou veulent-ils en fait simplement rester entre hommes et que les femmes amoindries leur fournissent des tonnes de bébés comme au temps des masses ignorantes et des curés pédophiles ? Auquel cas comment peuvent-ils se dire victimes de quoi que ce soit s’ils sont en réalité solidaires entre bourreaux ? Et comment les hommes qui disent aimer les femmes peuvent-ils continuer à faire leur propagande et surtout continuer à dénigrer les femmes chaque fois qu’ils en ont l’occasion ?

EN VOIE DE CONSTRUCTION est le cheminement d’une femme en voie de se reconstruire.

EN VOIE DE CONSTRUCTION est présenté au Festival des films du monde de Montréal :
Le vendredi 4 septembre 2015 – 09:30 – CINÉMA QUARTIER LATIN 10
Le samedi 5 septembre 2015 – 14:00 – CINÉMA QUARTIER LATIN 10
http://montreal157.blogspot.ca/2015/08/ffm-under-construction-en-cours-de.html

Le FFM se déroule à Montréal du 27 août au 7 septembre 2015.

http://ffm-montreal.org/


L’homme qu’on aimait trop

Réalisateur : André Téchiné
Avec Catherine DENEUVE, Guillaume CANET et Adèle HAENEL

L'homme qu'on aimait trop Réalisateur : André Téchiné Avec Catherine DENEUVE, Guillaume CANET et Adèle HAENEL

L’homme qu’on aimait trop
Réalisateur : André Téchiné
Avec Catherine DENEUVE, Guillaume CANET et Adèle HAENEL

Présenté Hors compétition à Cannes l’an dernier
Disponible en DVD et vidéo sur demande
AZ Films et TVA Films

Elle est jeune, belle et rebelle. Elle revient d’Afrique, ouvre une librairie, offre un livre à l’avocat de la propriétaire d’un casino qui déjà n’indique pas un bilan glorieux et qui vient de se faire arnaquer de 5 millions par un quatuor de truands élégants qui blanchissent de l’argent mafieux et veulent faire tomber tous les casinos de la côte. Elle se défend bien d’être comme sa mère et pourtant. Elle ne veut pas en tout cas suivre ses traces à cette mère, une femme très forte qui subit de toutes parts les intimidations autant masculines que filiales. Elle veut absolument récupérer immédiatement sa part d’héritage de son père.

Des thèmes d’aujourd’hui, un film inspiré d’une histoire vraie
Thèmes de la femme chef d’entreprise dont la place est discutée par le chapelet d’hommes autour d’elle, de la jeune rebelle prête à s’associer à n’importe qui pour avoir sa part d’héritage sur-le-champ même si et surtout s’il s’agit de ceux qui veulent la peau de sa mère, du blanchiment d’argent et des comptes en Suisse, des francs maçons ou riches entrepreneurs mafieux toujours prêts à s’emparer d’affaires légales, des individus qui font déchoir ceux et celles auxquels ils viennent soi-disant en aide et de la confiance gratuite qu’on leur donne, des informateurs et intermédiaires amoureux, de la trahison, des besoins d’attention et de claquer beaucoup d’argent, de l’amour et de la passion, du mal que l’on peut faire par égoïsme ou pour la fortune volée à n’importe quel prix, du grand dîner où l’on chante…

Catherine Deneuve excelle dans ce rôle de grande dame élégante et forte qui doit s’afficher en même temps que se méfier, Adèle Haenel aussi qui joue la rebelle prête à tout et n’importe quoi pour atteindre son objectif y compris de faire confiance à n’importe qui pour s’affirmer contre sa mère et pour récupérer son argent, de même que Guillaume Canet dans le rôle de l’avocat célibataire, avocat et célibataire coincé et parano avant tout, qui semble toujours prêt à s’impliquer pour ces deux femmes mais manoeuvrant toujours uniquement pour lui-même.

Un film très d’actualité inspiré d’un véritable fait de justice survenu en France, et des rôles courageux. Il ne faut rien rater de ce film qui se déroule comme de l’eau sur le dos d’un canard mais qui traduit drame par-dessus drame causés par des manipulateurs parfois loup solitaire d’autres fois organisés. Il ne faut rien rater, surtout pas les infos sur la suite des événements juste avant le générique de fin. Après avoir pensé telle mère telle fille, on a envie de dire  tel père tel fils…

EXTRAITS DES DIALOGUES
« Faut dire que les pions, après le bacc, on les oublie vite. »
« Elle vous attend dans la voiture. Je crois qu’elle n’a pas une grande passion pour les casinos. »
« – Si la situation est mauvaise, pourquoi on vend pas le palais ?
– Mais tu plaisantes : le palais, c’est ma vie. »
« Vous méprisez trop notre personnel. »
« Et ces difficultés profitent à qui ? »
« Mais ça aussi, c’est sûrement le hasard »
« Depuis que le maire est devenu ministre, il sait tout sur tout »
« Mais votre élection est un coup de force, Madame Le Roux. »
« Non, ce qu’il vous faut c’est du renfort »
« La villa, c’est ma mère c’est pas moi. »
« Quelqu’un est entré dans mon bureau ce matin. »
« Vous ne comprenez pas, on essaie de vous intimiter c’est la guerre. »
« Je pensais pas que ça irait si vite. »
« C’est trop facile de regretter quelque chose, c’est déjà plus difficile de s’excuser. »
« Et ça te fait rigoler, en plus ! »

Bande-annonce : https://www.youtube.com/watch?v=56tEYf9yZw0


Ceux comme la terre

« Moi, je ne crois pas en Dieu…  Je crois au silence et à la musique, au rythme et aux couleurs,au petit caillou et à l’immense montagne, au papillon gracieux et à l’arbre majestueux et la vie que j’ai transmise à mes deux enfants.  Je crois à la peau douce de mon bébé et aux rides de mes grands-parents. Je me vois en tout et tout en moi…
Mais je ne crois pas en Dieu »

En cette journée très froide et à l’heure où les religieux monothéistes s’entretuent,voici une alternative plus qu’inspirante et qui assurerait mieux notre survie que de laisser des intérêts globaux détruire la nature et s’en aller ailleurs une fois leurs poches pleines en laissant tout en plan lorsqu’il n’y a plus rien à tirer des mines à ciel ouvert.

« Je vis à Yellowknife. Nous préférons dire le Denendeh. Mais sur la carte, on lit : Territoires du Nord-Ouest. Ça me dérange vraiment, parce que ce n’est pas notre nom, ni notre identité. D’ailleurs, Territoires du Nord-Ouest, ce n’est pas vraiment un nom, c’est une direction à partir d’Ottawa. » Dëneze Nakehk’o. (Protagoniste du film)

« Je vis à Yellowknife. Nous préférons dire le Denendeh. Mais sur la carte, on lit : Territoires du Nord-Ouest. Ça me dérange vraiment, parce que ce n’est pas notre nom, ni notre identité. D’ailleurs, Territoires du Nord-Ouest, ce n’est pas vraiment un nom, c’est une direction à partir d’Ottawa. » Dëneze Nakehk’o. (Protagoniste du film)

Le film Ceux comme la terre de Nicolas Paquet a été entièrement filmé dans le pays du peuple Dènès, là où il n’y a pas de routes pour s’éloigner du village en été. On y découvre des gens forts qui ont subi les mêmes techniques d’écrasement que les Sami au contact desquels ils ont appris à ne pas catégoriser sur l’apparence physique..

C’est un très beau long-métrage qui nous fait aussi découvrir le père René qui était venu là pour convertir les premiers peuples qu’il y trouverait et c’est lui qui a été converti. Il a passé plus de 60 ans chez eux, au Denendeh, appelé les Territoires du Nord-Ouest parce que ça se situe très très au nord et très très à l’ouest d’Ottawa.

 http://ceuxcommelaterre.com/   
 Bande-annonce du film Ceux comme la terre :https://vimeo.com/113049608

Le film sera présenté vers la fin janvier à Montréal et dans quelques villes du Québec, précédé par Nitahkotan, un très joli court métrage qui rend hommage à la Nature, tout particulièrement à l’eau pure et cristalline.


1953

1953. Chronique d’une naissance annoncée

1953. Chronique d’une naissance annoncée, élaboré par France Daigle reparaît, après une première publication en 1995, en fin d'année 2014 aux Éditions Prise de parole.

1953. Chronique d’une naissance annoncée
Auteure : France Daigle
Éditions Prise de parole

Dans ce roman acadien, montréalais et mondial, France Daigle meuble sa venue au monde à l’aide des événements internationaux par les articles écrits ou commentés par son père journaliste à l’Évangéline et les émois causés par l’inconnue maladie coeliaque tout en étant en mesure, toute femme qu’elle est, de projeter la vie des gens jusque beaucoup plus tard dans l’existence et de faire plusieurs choses à la fois. Ce qui amène l’auteure à traiter dans une même phrase ou un même paragraphe des sujets les plus multiples et d’en tirer des finales étonnantes dans notre monde où les focus groups dominent et organisent nos vies depuis 20 ans.

C’est ainsi que France Daigle nous fait rencontrer, par le biais de leur lecture des chroniques du monde entier et des soins qu’elles lui ont prodigués, sa mère et les garde-malades qui se sont occupées d’elle alors qu’elle n’était que Bébé M.

« 1953. Chronique d’une naissance annoncée » surfe sur une fine lame à la limite de l’érudit, d’une fine sagesse et d’une verve éblouissante. Il vous mènera vers l’histoire des Prix Nobel, Marx, Lénine, des papes catholiques, en Italie, Yougoslavie, des écrits de Barthes, le couronnement d’Élisabeth II, l’avènement du cinéma et l’opinion de l’Église et des amateurs qui ne se regarde pas mais qui commentent les autres avec la panoplie de salles et les films à l’affiche dont ceux en français étaient de si mauvaise qualité qu’ils risquaient de faire détester notre langue, le tennis et la balle qui revient et dont chacune est un défi… sans oublier « les deux Jacqueline (les aviatrices Jacqueline Auriol et Jacqueline Cochrane) ». C’est un roman / essai historique / récit de vie absolument inouï, infiniment et improbablement féminin…

CITATIONS / EXTRAITS

« À cette altitude, il est impossible de trouver que le monde est laid et que la vie est une impasse. » (p. 81)

« Sans qu’elles aient tenté d’échapper à leur passé, on peut dire que le passé les a rattrapées. L’une et l’autre savent, quoique confusément, qu’elles atteignent en quelque sorte un point d’arrivée, mais non un but comme on s’en fixe parfois dans la vie. Il s’agirait plutôt d’une halte, plus ou moins nécessaire, plus ou moins désirée, mais non dépourvue d’intérêt pour autant. » (p. 84)

« Probablement parce que l’Église désirait elle aussi utiliser ce moyen de communication à ses fins, elle se garda de condamner le cinéma tout court et s’employa plutôt à mettre les gens en garde contre son côté pernicieux. […] Ces propos laissaient planer une ombre dans l’esprit de personnes généralement catholiques comme Garde Vautour et la mère de Bébé M., qui justement se considéraient assez mûres dans leur jugement. […] Bref, l’Église ne croyait pas l’homme moyen assez fort pour revenir au bercail après quelques heures d’identification au brave héros du film, embrassant la belle vedette dont la séduction dépassait quelquefois grandement l’attrait de l’épouse assise au fauteuil voisin. D’autre part, sous une apparence de distraction, le film avait pu mettre les nerfs du spectateur à rude épreuve et, par conséquent, troubler sa tranquillité d’esprit pendant plusieurs jours. […] Les mises en garde répétées reprenaient souvent les mots du cardinal Feltin, archevêque de Paris, qui prophétisait que l’être humain ne pouvait pas impunément s’élargir la conscience. » (p. 107-108)

1953. Chronique d’une naissance annoncée, élaboré par France Daigle reparaît, après une première publication en 1995, en fin d’année 2014 aux Éditions Prise de parole.


DVD Un film de chasse de filles

Tourné entièrement dans les vastes forêts québécoises débordant de gibier sauvage, cinq femmes vont à la chasse au chevreuil, à la perdrix et même à l’ours. Les oies sauvages sont en pleine migration. Mais ces femmes, après avoir suivi les cours de chasse responsable, s’occupent de ramener la viande à la maison.

Campées dans leur cache et ayant pris soin de tout bien planifier pour attirer surtout les chevreuils, ces chasseuses âgées de 14 à 72 ans savent tirer à l’arc et à la carabine, trouver l’animal abattu entre les arbres, monticules et ronces sans oublier les troncs en décomposition sur leur chemin pour ensuite le ramener, le découper et enfin  faire cuire la viande, la cuisiner pour se nourrir de leurs proies bien gagnées.

Ce très beau film de Julie Lambert documente de manière très réelle la vie dans la nature associée au fait de chasser une viande savoureuse et maigre au lieu d’acheter au supermarché une viande industrielle. C’est un retour aux sources pour des femmes réalistes et indépendantes qui s’occupent elles-mêmes de pourvoir à leurs besoins, avec ou sans l’aide des hommes dans leur vie.

Un film de chasse de filles s’est mérité plusieurs prix dont le Prix du public – long métrage et le Prix du meilleur premier film.

Maintenant disponible en DVD, juste à temps pour les Fêtes et la saison hivernale d’observation des animaux sauvages.

Une production de Parallaxes.


Pas son genre

Pas son genre, un film de Lucas Belvaux, dans un scénario de Lucas Belvaux, avec Émilie Dequenne, Loïc Corbery ainsi que Sandra Nkaké, Charlotte Talpaert et Anne Coesens

Pas son genre, un film de Lucas Belvaux, dans un scénario de Lucas Belvaux, avec Émilie Dequenne, Loïc Corbery ainsi que Sandra Nkaké, Charlotte Talpaert et Anne Coesens

Elle s’en tire pas trop mal comme coiffeuse avec son fils et ses copines-collègues avec lesquelles elle forme un trio dans un club local de talentueuses inconnues.

Lui, il est éduqué, Parisien, enseignant de lycée qui ne croit pas au couple et qui est soudain affecté dans la mortelle petite ville d’Arras où tout de même l’on s’organise pour ne pas lui rendre la vie trop pénible en rassemblant tous ses cours sur trois jours. Mais dès son arrivée, après les cours, il s’ennuie à mourir et il décide d’aller se faire couper les cheveux.

Une bonne baise, pas une belle prise
Elle lit des romans d’amour, il enseigne la philo ; ils ne sont pas au diapason. Elle est une bonne baise, un bon passe-temps mais certainement pas une belle prise avec genre un père possédant des châteaux et des acres et des hectares dont elle hériterait un beau jour. Pas de quoi être fier, pas de quoi la présenter à sa collègue quand ils se croisent au hasard du carnaval. Et après s’être cassée en quatre pour le sortir de sa torpeur, elle s’en rend compte.

Pas son genre est un film exceptionnel sur l’inégalité des chances dans la vie, habituellement les hommes infiniment au-dessus des femmes. Un film sur les relations d’accommodement, les femmes servant trop souvent de bouche-trou temporaire pour le seul plaisir d’hommes qui savent qu’ils peuvent amplement et à répétition profiter de la donne. Un film qui étonne tout de même à la fin, avec des actrices excellentes et un acteur qui joue très bien son rôle de mort vivant séducteur d’expérience.

Présenté à Cinémania.


Les Combattants

Film magnifiquement anti-machistes lesquels cantonnent habituellement les femmes dans des rôles d’insignifiantes femmes-de, LES COMBATTANTS avec la super sympa Adèle Haenel qui est venue à Montréal pour présenter ce film à Cinémania et Kévin Azaïs.

C’est l’histoire d’une jeune femme qui aimerait joindre les rangs de l’armée et qui s’inscrit à un stage de survie où la suit celui qui est amoureux d’elle. Oui, mais voilà, elle qui croyait y vivre à la dure se retrouve dans un confort pratiquement comme à la maison, sauf pour la discipline de brute qui doit écouter aveuglément. Les deux jeunes amis-amoureux partent alors ensemble dans leur propre aventure de survie en forêt.

Très belles images, scènes fortes, belle histoire qui se situe en dehors du traditionnel machisme en France et du traditionnel et courant excessif actuel en plein renouveau de masculinisme au Québec qui s’acharne à exclure et déloger les femmes de leur vie active pour les remplacer par leurs amis masculins.

Film magnifiquement anti-machistes lesquels cantonnent habituellement les femmes dans des rôles d'insignifiantes femmes-de, LES COMBATTANTS avec la super sympa Adèle Haenel et Kévin Azaïs, un film de Thomas Cailley dans un scénario de Thomas Cailley et Claude Le Pape

Film magnifiquement anti-machistes lesquels cantonnent habituellement les femmes dans des rôles d’insignifiantes femmes-de, LES COMBATTANTS avec la super sympa Adèle Haenel et Kévin Azaïs, un film de Thomas Cailley dans un scénario de Thomas Cailley et Claude Le Pape