Partir pour la famille

Fécondité, grossesse et accouchement au Québec  (1900-1950)

Partir pour la famille
Fécondité, grossesse et accouchement au Québec (1900-1950)
Auteure : Suzanne Marchand
Éditeur : Septentrion

Un livre pour la Fête des Mères
C’est à un recueil incroyablement rempli de témoignages sur les pratiques, les croyances, les habitudes, les us et coutumes entourant la maternité, depuis le mariage jusqu’au nombre d’enfants que les femmes avaient, le vocabulaire à mots couverts, les dangers, les craintes, les avantages, les risques, les reproches si les grossesses ne se suivaient pas aux moins de deux ans… Bref, un grand tour de la question, en grande partie extrait du doctorat de l’auteure et appuyé d’une bibliographie imposante.

Une pensée pour les femmes qui avaient 20-25 enfants
C’est un livre qui suscite de l’émotion, surtout chez les lectrices, qui ne peuvent que ressentir beaucoup d’émoi pour ces femmes du Québec desquelles on s’attendait à ce qu’elles enfantent sans répit, auxquelles on dictait de rester au lit pendant 10 jours après l’accouchement mais qui en même temps devaient s’occuper de la maison et des autres enfants, ces femmes dont les maris étaient là pour les faire mais qui ne prenaient aucune part au moment de leur naissance.

Le contrôle de la fécondité, les pratiques entourant l’interruption volontaire de grossesses alors que l’avortement était à la fois une pratique criminelle et un péché mortel en ce pays très influencé par la religion catholique font aussi partie des thèmes de ce livre plus qu’intéressant sur le destin des femmes du début 20e siècle au Québec.

Les idées de l’époque
En même temps, ces recherches ont permis de publier toutes sortes de drôles de comportements, des annonces publicitaires de l’époque, des photos de familles nombreuses avec les petits enlignés sans fin selon leur grandeur, des données sur les bouteilles avant l’arrivée du caoutchouc, toutes sortes d’informations pour meubler des conversations passionnantes. En parallèle, l’auteure nous indique parfois des similitudes avec des comportements ou des croyances venus d’ailleurs, de France, de l’Antiquité…

EXTRAITS

« En cas d’hémorragie, la sage-femme recourait plutôt à des mixtures et boissons reconnues pour leurs propriétés fortifiantes, comme l’alcool et les rognons de castor […] Enfin, elle pouvait lui faire aspirer du vinaigre ou appliquer sur le ventre la casquette crasseuse de son mari, cette pratique étant aussi utilisée pour soigner les abcès aux seins. » (p. 164,  L’accouchement : une pratique risquée pour la mère)

J’avais envie de laisser ce seul extrait étant donné son exotisme, mais en voici tout de même d’autres :

« Le curé de ce village avait en effet la réputation de refuser la communion aux femmes qui n’avaient pas d’enfant à tous les deux ans. » (p. 22)

« Avoir de nombreux enfants était une source de prestige pour les hommes » (p. 27, La fécondité : une qualité physique valorisée)

« C’est aussi parce qu’on la considérait impure que la nouvelle maman n’assistait pas au baptême de son enfant. »  (p. 173)

« Le tabou entourant la période qui suit l’accouchement serait d’ailleurs très ancien puisque, dès l’Antiquité… » (p. 173)
Accéder à la fiche ou acheter le livre en format papier ou numérique sur le site du Septentrion.

Joyeuse Fête des Mères !


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À propos de montreal157

Fondatrice de ServicesMontreal.com en 2002 et auparavant guide chez About.com en 2000, j'écris en ligne depuis 1996. Voir tous les articles par montreal157

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